Attractivité des études en FWB pour les étudiants germanophones

16/03/2026

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée, à Mme Elisabeth Degryse, Ministre-Présidente en charge de l'Enseignement Supérieur, relative à l'attractivité des études supérieures de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour les germanophones

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – La Communauté germanophone dispose d'une seule haute école: l'Autonome Hochschule Ostbelgien (AHS). Cette haute école propose des programmes de bachelier dans les domaines du travail social, des sciences de l'éducation, des sciences de la santé, des soins infirmiers et des sciences financières et administratives. La Communauté germanophone n'organise pas d'université ni de cours de master en haute école.

De plus en plus de jeunes germanophones se tourneraient vers l'Allemagne ou vers Maastricht pour y entamer leurs études supérieures, plutôt que vers les établissements d'enseignement supérieur francophones.

Avec ma collègue députée au Parlement de Wallonie, Christine Mauel, elle-même germanophone, nous avons entamé une réflexion sur la manière d'attirer davantage d'étudiants germanophones dans nos universités, hautes écoles et écoles supérieures des arts (ESA).

Madame la Ministre-Présidente, avez-vous connaissance de cette problématique, qui serait liée à la barrière linguistique du français? Pourriez-vous m'indiquer le nombre d'étudiants germanophones inscrits dans un établissement d'enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles? Quelles sont les actions menées pour informer les jeunes germanophones sur les études supérieures francophones? De nouvelles solutions sont-elles envisagées pour faire en sorte que les germanophones se tournent vers notre enseignement supérieur plutôt que vers celui de pays frontaliers? Je pense, par exemple, à la venue de professeurs dans les écoles secondaires germanophones, à l'organisation d'un salon du Service d'information sur les études et les professions (SIEP) à Eupen, à des journées portes ouvertes destinées aux germanophones ou à des échanges d'expériences avec d'anciens étudiants germanophones.

Mme Élisabeth Degryse, Ministre-Présidente, en charge de l'Enseignement supérieur. – Madame la Députée, je vous remercie pour la réflexion que vous avez engagée avec votre collègue en vue d'attirer davantage d'étudiants germanophones dans l'enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il s'agit d'une démarche que mon homologue Jérôme Franssen, ministre de l'Enseignement, de la Formation et de l'Emploi de la Communauté germanophone, et moi-même soutenons pleinement.

Je souhaite rappeler que la Communauté germanophone dispose d'une offre d'enseignement supérieur limitée. Cette offre est organisée autour de la AHS, une haute école qui propose des programmes de bachelier dans les domaines du travail social, des sciences de l'éducation, des sciences de la santé et des sciences financières et administratives. Comme vous l'avez dit, la Communauté germanophone n'organise ni université ni master en haute école. Les étudiants germanophones qui souhaitent s'inscrire dans un parcours supérieur non proposé par la AHS sont naturellement amenés à se délocaliser.

La barrière linguistique constitue vraisemblablement l'une des raisons pour lesquelles certains étudiants germanophones se réorientent vers l'Allemagne ou les Pays-Bas, notamment à Maastricht. Ils y bénéficient d'une large offre de cours en allemand ou en anglais, sans compter la proximité géographique immédiate.

Il convient toutefois de rester prudent. Nous ne disposons pas de données permettant de déterminer avec certitude les raisons qui motivent le choix du lieu d'étude des étudiants germanophones.

Nos bases de données nous éclairent en revanche sur l'évolution du nombre d'étudiants domiciliés en Communauté germanophone et inscrits dans un établissement d'enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles. Lors de l'année académique 2023-2024, on dénombrait 904 étudiants germanophones poursuivant un cursus en Fédération Wallonie-Bruxelles, contre 1 025 lors de l'année académique 2019-2020. Ils étaient à l'époque 19 inscrits dans une ESA, 431 inscrits dans une haute école et 454 inscrits à l'université. On observe donc effectivement une légère tendance à la baisse par rapport à l'année académique 2019-2020, sans que celle-ci soit alarmante.

Concernant les actions instaurées pour faire connaître nos études supérieures, citons tout d'abord les cours préparatoires en langue française à l'Université de Liège (ULiège). Ces cours sont organisés lors d'une semaine de préparation linguistique et académique à la fin du mois d'août. Cette semaine de préparation est proposée aux élèves germanophones de cinquième et sixième années secondaires et combine enseignement du français avec un objectif universitaire et visite d'établissements supérieurs. Mentionnons aussi la journée d'information aux études à l'Athénée royal d'Eupen, qui réunit des représentants d'universités francophones et d'associations étudiantes, et ce, afin d'offrir aux jeunes germanophones un premier contact concret avec l'offre de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mentionnons enfin la mise en réseau des étudiants germanophones via les associations étudiantes. Une coopération existe notamment entre la Communauté germanophone et la Haute École de commerce (HEC) de Liège afin de faciliter la rencontre entre étudiants et entreprises germanophones, créant ainsi un effet levier sur l'attractivité des formations. Afin de faciliter l'inscription des étudiants germanophones dans le cursus de médecine francophone, nous analysons la possibilité de développer le concours d'entrée en langue allemande.

En outre, M. Franssen et moi-même sommes ouverts à toute autre initiative qui pourrait être établie en partenariat avec les écoles et les établissements de la Communauté germanophone.

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Madame la Ministre-Présidente, je vous remercie de soutenir notre initiative. Même si un cursus universitaire à l'étranger peut s'avérer enrichissant pour les étudiants germanophones, la qualité de l'enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles devrait les convaincre de s'y inscrire, et ce, d'autant qu'ils gardent la possibilité de participer à un programme Erasmus au cours de leur cursus. Nous devrions d'ailleurs envisager une collaboration avec la ville de Maastricht dans le cadre de l'Euregio Meuse-Rhin (EMR).

Je constate que de nombreux projets sont à l'étude et que vous souhaitez pousser la réflexion plus loin. Avec ma collègue, nous ferons certainement d'autres propositions. Des questions seront également posées au ministre Franssen au Parlement de la Communauté germanophone.

Enfin, nous avons prévu d'effectuer des visites à l'ULiège et peut-être dans d'autres établissements. Les chiffres que vous avez cités sont intéressants. Nous sommes passés de 1025 étudiants germanophones dans l'enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2019-2020 à 904 en 2023-2024. Il serait opportun de remonter plus loin dans le temps, sur une période de dix ans, afin de mieux mesurer l'évolution de cette tendance. Je ne manquerai pas de revenir sur ce sujet.

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