Chiffres de mise à l'emploi au sortir de l'enseignement pour adultes

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée, à Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Enseignement pour Adultes, à propos des chiffres de mise à l'emploi au sortir de l'enseignement pour adultes
Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Il me revient de mes visites dans des établissements d'enseignement pour adultes qu'à l'heure actuelle, rien n'est mis en œuvre, ni par les établissements, ni par l'administration, pour récolter les données relatives à la mise à l'emploi des personnes qui sortent de l'enseignement pour adultes.
Lorsque l'on sait que l'Institut de formation en alternance et des indépendants et petites et moyennes entreprises (IFAPME) dispose de chiffres d'insertion professionnelle, on se dit qu'il serait très utile que l'enseignement pour adultes en dispose également.
Madame la Ministre, la récolte de données et l'élaboration d'indicateurs de résultats tels que le taux d'insertion socioprofessionnelle sont-elles à l'étude dans l'enseignement pour adultes? Si oui, quelles sont les pistes proposées?
Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Enseignement pour adultes. – Merci, Madame la Députée, pour cette question qui touche à un sujet essentiel, celui de la visibilité et de la reconnaissance de l'incidence réelle de l'enseignement pour adultes sur les parcours d'insertion socioprofessionnelle.
Premièrement, nous sommes aujourd'hui engagés dans un processus de structuration et de fiabilisation des données. Le déploiement de l'application Signalétique Elèves (SIEL) dans l'enseignement pour adultes, amorcé en 2023-2024, constitue à cet égard une avancée majeure. Cet outil, aligné sur ceux des autres niveaux d'enseignement, permettra à terme de disposer de données consolidées, comparables et exploitables sur les parcours des apprenants.
Deuxièmement, le développement d'indicateurs d'insertion est bien en cours dans le cadre du «Contrat 2035 de l'enseignement pour adultes». L'ambition est de passer d'un système principalement centré sur les volumes de formation à un pilotage davantage orienté vers les résultats, notamment en matière d'insertion socioprofessionnelle. Plusieurs pistes sont actuellement étudiées: le développement d'indicateurs de sortie vers l'emploi ou la reprise d'études; le croisement de données avec les acteurs de l'emploi pour objectiver les trajectoires des apprenants et, à terme, l'intégration de ces indicateurs dans le pilotage du système, dans une logique de transparence et d'amélioration continue.
Troisièmement, s'agissant de la comparaison avec d'autres opérateurs comme l'IFAPME, je partage votre constat. Nous devons tendre vers un niveau d'information équivalent, tout en tenant compte des spécificités de l'enseignement pour adultes, qui accueille des publics très diversifiés, aux objectifs multiples: qualification, reconversion, montée en compétences, insertion, etc.
Enfin, ce travail de structuration des données s'inscrit dans une réforme plus large visant à renforcer la lisibilité, l'efficacité et l'attractivité de l'enseignement pour adultes. Il contribuera pleinement à objectiver son rôle dans la réduction des inégalités face à l'emploi, en particulier pour les publics les plus fragilisés.
Je vous assure que ce chantier est une priorité et qu'il sera poursuivi en étroite collaboration avec les acteurs de terrain et les partenaires institutionnels.
Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Je vous remercie, Madame la Ministre, pour votre réponse. Les opérateurs de terrain m'ont indiqué qu'ils n'étaient pas opposés à disposer de tels indicateurs, qui leur permettraient effectivement de valoriser l'enseignement pour adultes. On sait déjà valoriser l'Institut de formation en alternance et des indépendants et petites et moyennes entreprises (IFAPME), en soulignant par exemple qu'il permet un taux d'insertion socioprofessionnelle très conséquent. C'est également le cas pour l'enseignement pour adultes, mais, en l'état, on n'est pas en mesure de le chiffrer.
Les opérateurs de terrain sont donc intéressés à disposer de tels outils, mais il faudra veiller à ce que cela n'alourdisse pas leur charge de travail.
Il conviendra également d'être attentif au public fréquentant cet enseignement. En effet, il ne s'agit pas seulement d'un public à la recherche d'un emploi, mais aussi de personnes en reconversion, ou qui travaillent et veulent se perfectionner dans un domaine. Par conséquent, il faudra être en mesure de cibler le public quand on parle d'insertion socioprofessionnelle.
Je me réjouis d'apprendre qu'un travail est mené en la matière.