Complémentarité de l'offre d'enseignement pour adultes entre les différents réseaux

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée, à Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Enseignement pour Adultes, à propos de la complémentarité de l'offre d'enseignement pour adultes entre les différents réseaux d'enseignement
Mme Stéphanie Cortisse (MR). – En Fédération Wallonie-Bruxelles, l'enseignement pour adultes comprend 143 établissements, 4 réseaux d'enseignement et une centaine de pouvoirs organisateurs. Les établissements sont répartis en dix commissions sous-régionales, appelées CSR. Tout comme pour l'enseignement obligatoire, il existe une certaine concurrence entre les différents réseaux d'enseignement pour adultes.
Madame la Ministre, comment fonctionne actuellement la concertation entre les différents réseaux d'enseignement pour adultes au sein d'une CSR? Des mesures sont-elles à l'étude afin de renforcer la complémentarité des offres, d'augmenter les partenariats et de diminuer les doublons entre les établissements de réseaux différents situés dans une même zone géographique? Les collaborations et la concertation entre les réseaux ne pourraient-elles pas être renforcées au bénéfice des étudiants, mais également des finances publiques?
Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Enseignement pour adultes. – Madame la Députée, l'enseignement pour adultes s'appuie sur dix commissions sous-régionales, qui correspondent aux besoins d'enseignement qualifiant, de formation et d'emploi. Ces instances jouent un rôle utile de concertation territoriale pour analyser les besoins, favoriser le dialogue avec les acteurs socioéconomiques et émettre des avis sur l'offre de formation.
Toutefois, la réforme de l'enseignement pour adultes, engagée par le gouvernement, marque une évolution majeure, car il ne s'agit plus seulement de coordonner localement l'offre, mais aussi de renforcer un pilotage systémique, fondé sur des données objectives et une vision globale.
Cette orientation découle directement du contrat 2035 et de la réforme systémique, dont les feuilles de route ont été approuvées par le gouvernement. Elle vise une gouvernance plus intégrée et efficace de l'écosystème de formation.
Dans ce cadre, le contrat 2035 prévoit d'outiller les commissions sous-régionales pour renforcer leurs capacités d'analyse territoriale, tout en affirmant le rôle de la cellule de pilotage de l'enseignement pour adultes comme instance centrale de régulation stratégique. La cellule de pilotage aura pour mission de consolider les données disponibles, d'anticiper les besoins en compétences, d'assurer la cohérence de l'offre et d'éclairer des décisions relatives à l'ouverture des formations. Cette dynamique devra s'inscrire dans une logique de gouvernance pour, notamment, s'articuler avec les comités stratégiques sectoriels développés par la Région wallonne, les mécanismes de la Région de Bruxelles-Capitale et les mécanismes interfrancophones, entre autres, l'Office francophone de la formation en alternance (OFFA). Ce dernier a été renouvelé.
L'objectif est de garantir une planification de l'offre de formation à l'échelle de l'ensemble de l'écosystème d'enseignement et de formation pour adultes. Cette évolution vise à passer d'une logique concurrentielle entre les opérateurs, nous en sommes conscients, à une logique de complémentarité fondée sur une régulation de l'offre, sur une optimisation de sa couverture géographique et sur son adéquation avec les besoins socioéconomiques. Les commissions sous-régionales conservent un rôle d'alerte et d'expertise territoriale. Cependant, la responsabilité de la cohérence globale et du pilotage stratégique relèvera désormais du niveau systémique.
Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Je vous remercie, Madame la Ministre, pour votre réponse qui fait également référence au Contrat 2035. J'entends qu'il y aura un pilotage beaucoup plus systémique, visant à s'éloigner autant que possible d'une logique de concurrence et pour privilégier la complémentarité. Cette approche se développe de plus en plus au sein de certaines commissions sous-régionales de l'enseignement de promotion sociale. Nous devons vraiment accentuer cette dynamique, tout comme d'ailleurs dans l'enseignement obligatoire; la concurrence entre les réseaux d'enseignement étant souvent préjudiciable, elle doit devenir beaucoup plus positive et complémentaire.