Maintien des devoirs à domicile

Question d'actualité de Mme Stéphanie Cortisse, Députée, à Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Éducation, intitulée « Faut-il supprimer les devoirs après l'école? Pour le MR, c'est non »
Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Madame la Ministre, comme à chaque mandature, le débat portant sur les devoirs à domicile s'invite à la une de l'actualité. Récemment, un article paru dans la D.H. rapportait les propos de certaines personnes qui souhaiteraient supprimer purement et simplement ces devoirs en alléguant qu'ils renforceraient les inégalités.
Au MR, sans nier les difficultés de certaines familles, nous ne voulons pas que la solution soit d'abaisser le niveau des élèves en supprimant les devoirs pour tout le monde. Au contraire, les devoirs doivent jouer leur rôle de consolidation des apprentissages. Ils permettent aux élèves de trouver leur propre méthode de travail pour la suite de leur parcours scolaire et pour leur vie professionnelle future.
Il est nécessaire que les devoirs puissent être effectués en toute autonomie, conformément aux balises décrétales à ce sujet et à la circulaire qui en précise les contours.
Pourriez-vous repréciser ces balises? Ne pourrait-on pas les rappeler aux écoles plutôt que de systématiquement réclamer la suppression des devoirs, qui ont tout leur sens?
La réflexion est d'ailleurs entamée dans le cadre d'une réforme des rythmes scolaires journaliers. Elle devrait bientôt aboutir. Au sein de cette réforme, est-il envisagé de généraliser la possibilité, pour tous les élèves ou pour les élèves qui le souhaitent, d'effectuer leurs devoirs au sein des établissements scolaires?
Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Éducation. – Les règles en matière de devoirs scolaires figurent dans le Code de l'enseignement fondamental et de l'enseignement secondaire depuis 2001-2002. Elles avaient été prévues par le Ministre Nollet à l'époque. Elles interdisent les devoirs à domicile pour les première et deuxième années primaires. Pour les troisième et quatrième années primaires, il est prévu des devoirs de maximum 20 minutes, et, pour les cinquième et sixième années primaires, un maximum de 30 minutes par devoir. Pour l'enseignement secondaire, les règles sont un peu différentes puisque l'on prévoit une autonomie des équipes pédagogiques. Dès lors, les devoirs ne sont pas encadrés de façon aussi prescriptive.
Vous l'avez dit, Madame la Députée, une réflexion existe, en lien avec le renforcement des apprentissages de base et avec une demande d'autonomie de la part des équipes éducatives. Cette réflexion est également portée dans l'étude de la Fondation Roi Baudouin (FRB). Dans le cadre d'une possible révision de la journée scolaire, la question des devoirs sera examinée sous un double angle: la mise en autonomie des élèves, et l'autonomie de l'enseignant dans sa capacité à définir lui-même la façon de concevoir un devoir.
Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Je vous remercie beaucoup, Madame la Ministre, pour toutes ces précisions. La suppression des devoirs serait une solution de facilité; nous ne la souhaitons pas. Vous l'avez rappelé, la législation précise clairement et à juste titre les balises. On doit pouvoir les respecter et faire confiance aux enseignants sur l'attribution des devoirs.
Dans la législation, il est d'ailleurs expressément précisé que les devoirs servent à l'apprentissage, à la gestion du temps et de l'autonomie, à l'acquisition progressive d'une méthode de travail personnelle efficace ainsi qu'à l'acquisition du sens des responsabilités.
C'est la ligne que nous suivons, scrupuleusement. Je regrette que certains, dans la presse, ne relèvent que les droits des élèves. Ils ont aussi des devoirs, c'est le cas de le dire, à la maison.
La première mission de l'école est de former des citoyens responsables, autonomes et capables de mobiliser solidement les apprentissages de base qui conditionnent la suite de leur parcours scolaire et professionnel.
Pour le MR, cette mission passe à la fois par un enseignement exigeant et structuré, mais aussi par l'acquisition du goût de l'effort et de la persévérance, par une responsabilisation progressive des élèves dans le travail dès l'enseignement primaire, avec les balises que vous venez de rappeler, puis dans l'enseignement secondaire.
Par conséquent, faisons appliquer les règles; organisons des devoirs encadrés, le cas échéant, dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires journaliers; mais ne renonçons jamais à l'ambition d'une école qui tire chaque élève vers le haut pour développer son plein potentiel. (Brouhaha sur les bancs du PS)