Mise en valeur du Poull Ball

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée, à Mme Jacqueline Galant, Ministre des Sports, à propos de la mise en valeur du Poull Ball
Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Madame la Ministre, la semaine dernière, j'ai eu la chance de découvrir une animation de Poull Ball organisée dans la salle de sports d'une école spadoise en faveur de jeunes enfants et adolescents placés en familles d'accueil.
Le Poull Ball est un sport alternatif créé en 2009 par François Poull, un professeur belge d'éducation physique. Depuis lors, cet enseignant a reçu plusieurs distinctions, tant en Belgique qu'au niveau international, mais, comme il l'explique, sa plus belle réussite reste de voir des milliers de joueurs incarner des valeurs telles que la solidarité, la coopération, le respect, la tolérance, le vivre-ensemble et le fair-play.
Ce sport se joue avec une grosse balle de 55 centimètres de diamètre sur un terrain rectangulaire, avec deux équipes mixtes composées de cinq joueurs chacune. Des remplacements illimités sont possibles lors des arrêts de jeu. Le but du jeu est d'employer des stratégies pour renverser une des deux cibles neutres, c'est-à-dire des cubes en mousse posés sur des socles et situés de part et d'autre du terrain. Un choix peut être fait pour attaquer les deux camps et ainsi surprendre ses adversaires. Une équipe marque un point lorsqu'elle fait tomber une cible grâce à un tir direct ou deux points si la cible tombe après un tir à la volée. Les matches se jouent en trois sets gagnants, à raison de sept points par set. La balle ne peut être tenue plus de cinq secondes ni transportée sur plus de trois pas et le dribble est interdit. Il faut effectuer au moins trois passes entre coéquipiers avant de pouvoir tirer sur une cible et les passes à rebond sont autorisées. Les zones circulaires autour des cibles sont interdites à tous les joueurs. Notons que tout contact est interdit. Les infractions, qu'il s'agisse du nombre de pas, du temps de possession, de dribble ou de pénétration dans une zone interdite, entraînent une remise en jeu pour l'adversaire. Les fautes empêchant une équipe de marquer un point ou commises dans la zone de tir sont sanctionnées par un penalty. Soulignons encore que tous les joueurs et encadrants applaudissent chaque point, quel que soit le joueur qui l'a marqué. L'auto-arbitrage et le respect des adversaires sont encouragés.
Ce jeu, accessible même aux plus faibles en milieu scolaire, permet l'intégration de tous. De par sa dimension collective, chacun occupe une place importante dans l'évolution du jeu. Ce sport est né de l'envie de rassembler les gens autour d'un sport accessible, convivial et porteur de valeurs positives. Dans ce nouveau concept, le créateur a voulu remplacer les comportements violents par l'intelligence de jeu et privilégier l'émulation plutôt que la compétition. En outre, ce sport se veut inclusif et permet une activité en pratiques partagées, notamment pour le polyhandicap.
Aujourd'hui, le jeu s'est répandu dans plus de 1 400 gymnases, écoles et centres sportifs. Il représente 250 000 joueurs à travers 18 pays. Je rappelle que tout cela vient d'un enseignant belge originaire de Stavelot, une commune de ma région.
Madame la Ministre, quelles actions pourriez-vous entreprendre, en concertation avec vos collègues du Gouvernement, afin de mettre en lumière ce sport original né en Belgique, que ce soit au travers de l'ADEPS, des écoles, de l'accueil temps libre (ATL), de la jeunesse, de l'aide à la jeunesse ou dans la société en général?
Mme Jacqueline Galant, Ministre des Sports. – Madame la Députée, le Poull Ball est un sport collectif d'origine belge mettant l'accent sur le respect et l'inclusion. Cette discipline, initiée et développée en Fédération Wallonie-Bruxelles, présente en effet de nombreux atouts pour l'accessibilité, la mixité et la promotion des valeurs de vivre-ensemble portées par le sport. Elle a d'ailleurs été récompensée à plusieurs reprises au niveau international; ce qui témoigne de l'intérêt qu'elle suscite au-delà de nos frontières.
S'agissant de son développement en milieu scolaire, il appartient prioritairement aux fédérations sportives scolaires reconnues, à savoir l'Association des fédérations francophones du sport scolaire (AFFSS) et l'Association sportive de l'enseignement universitaire et supérieur (ASEUS), d'en apprécier l'opportunité au regard de leurs orientations pédagogiques et sportives. Cette réflexion relève également des compétences de l'Administration générale de l'enseignement (AGE), notamment dans le cadre des programmes d'éducation physique.
Pour sa part, l'Administration générale du sport (AGS) a connaissance de cette discipline qui est proposée dans le cadre de certains stages organisés au sein des centres ADEPS. À ce stade, toutefois, le Poull Ball ne bénéficie pas d'un dispositif de soutien spécifique ni d'un traitement particulier par rapport aux autres activités sportives proposées dans une logique de découverte et de diversification des pratiques.
Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Madame la Ministre, je vous remercie pour votre réponse ainsi que pour avoir reconnu les nombreux atouts de ce sport purement belge. J'entends bien que les fédérations sportives reconnues et l'AGE sont libres de le suggérer aux écoles. Je pense que ce sport mériterait d'être davantage connu sur le terrain. Partant, je ne manquerai pas de poser une question à votre collègue chargée de l'enseignement à ce sujet. En ce qui concerne l'ADEPS, même si ce n'est pas un sport reconnu, il est tout de même proposé lors des stages. C'est une très bonne chose.