Projet TADA à Verviers

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée, à Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Éducation, à propos du projet de l'ASBL TADA à Verviers
Mme Stéphanie Cortisse (MR). – L'ASBL Toekomst Atelier de l'Avenir (TADA) a été fondée lors de l'année scolaire 2012-2013 pour offrir aux jeunes en situation vulnérable et à leur famille de meilleures perspectives d'avenir.
Grâce à des ateliers pratiques stimulants animés bénévolement par des professionnels passionnés, les jeunes de TADA apprennent, tous les samedis pendant trois ans, à mieux se connaître et à mieux connaître la société.
Comme l'explique l'association, en motivant les élèves dès leur plus jeune âge, TADA lutte préventivement contre la démotivation, le décrochage scolaire, la radicalisation, la criminalité et le chômage.
Après avoir achevé le programme dispensé à l'«école du week-end», les jeunes bénéficient en tant qu'alumni d'un accompagnement continu: système de parrainage, centre de rencontres, offres de jobs étudiants et stages.
En outre, TADA a créé un programme pilote dans les écoles traditionnelles. Une fois par mois, durant les heures de classe, les élèves de cinquième et sixième années primaires participent à des ateliers interactifs avec des intervenants de terrain afin d'être introduits à divers métiers. L'objectif est de créer un lien entre l'école et le monde du travail et d'impliquer la société dans les écoles. Ce programme a déjà été mis en œuvre dans des écoles de Bruxelles et Leuven.
L'année scolaire prochaine, TADA souhaite lancer ce programme pilote dans des écoles verviétoises à indice socio-économique 1, en impliquant les entreprises et forces vives locales.
En 2023-2024, TADA fonctionnait avec des sources de financement venant à 46 % d'entreprises, 27 % de fondations, 16 % de donations privées, 9 % de subventions publiques et 2 % d'autres sources. Il y a donc peu de subventionnement public, ce qui mérite d'être souligné.
Madame la Ministre, sachant que vous avez déjà rencontré les responsables de TADA lors d'un atelier au sein d'une école, encouragez-vous ce type d'initiative? Avez-vous eu des retours concernant l'effet pédagogique et motivationnel d'un tel programme, notamment pour la prévention du décrochage scolaire et l'orientation positive des élèves? La Fédération Wallonie-Bruxelles subventionne-t-elle ce projet? Le cas échéant, quel est le montant de la subvention?
Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Éducation. – Madame la Députée, l'ASBL TADA développe depuis plusieurs années un modèle d'école du week-end visant à renforcer la motivation, l'ouverture à la société et les perspectives d'avenir de jeunes issus de milieux fragilisés.
Au-delà de cet accueil et en collaboration avec des écoles partenaires, TADA organise des ateliers durant les heures scolaires pour permettre aux jeunes de découvrir des métiers, de renforcer la cohésion du groupe classe et le plaisir d'apprendre.
Ainsi, TADA travaille avec un réseau étendu de professionnels bénévoles qui mettent leur temps à la disposition des jeunes pour faire découvrir concrètement leurs métiers. Toutes les professions sont concernées, qu'elles soient techniques, professionnelles, administratives ou scientifiques. L'objectif est de permettre aux jeunes concernés d'envisager l'ensemble des possibles pour leur avenir alors qu'ils évoluent parfois dans des milieux qui ne permettent pas cette ouverture. L'impact pédagogique et motivationnel du programme TADA est important. Les écoles partenaires qui collaborent déjà avec l'association en Flandre et à Bruxelles soulignent l'intérêt des élèves pour les ateliers, la découverte de métiers variés et le renforcement de leur confiance en eux. Madame la Députée, le dispositif TADA participe au renforcement de l'égalité des chances entre les jeunes, prévient le décrochage scolaire et inscrit les jeunes dans une dynamique de réussite.
Depuis peu, TADA souhaite étendre son action en Wallonie en aidant les écoles à activer leur réseau social et à appliquer les leçons tirées du modèle. Au vu de l'impact positif du projet sur les jeunes qui en bénéficient, un projet pilote est en cours à mon initiative dans les écoles verviétoises.
Dans ce cadre, une subvention à hauteur de 110 000 euros a été octroyée à l'ASBL. Le budget alloué couvrira les frais de 1,5 équivalent temps plein (ETP) réparti dans des fonctions de direction, coordination et création du réseau local, ainsi que les frais inhérents à l'organisation des ateliers.
TADA bénéficie d'une expérience de plus de douze ans à Bruxelles, ce qui lui confère une expertise dans le travail avec des bénévoles – par exemple, un avocat ou un pompier qui acceptent de partager la réalité de leur métier. C'est par la force du bénévolat que ce projet permet de multiplier les contacts entre les jeunes et les professionnels.
Même si TADA a déjà fait ses preuves à Bruxelles et présente les mêmes effets bénéfiques en Flandre, il a semblé prudent de débuter par le lancement d'un projet pilote pour confronter le concept aux réalités wallonnes et pérenniser le dispositif si l'évaluation était positive.
Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Madame la Ministre, ce projet pilote, que j'ai pu découvrir grâce à ceux qui sont en train de le lancer à Verviers, me ravit. Je vous remercie vivement pour votre soutien, en particulier à Verviers où nombre d'écoles ont le plus faible indice socio-économique.
Ce projet est vraiment dans l'intérêt de l'élève; il lui permettra de mieux s'orienter par la suite dans son parcours scolaire. C'est tout à fait dans l'air du temps au regard des activités orientantes que l'on veut instaurer dans l'enseignement secondaire. Ici, le dispositif s'adresse à des jeunes se trouvant à la fin de l'enseignement primaire.
Les retours des expériences déjà menées à Bruxelles et à Leuven montrent qu'il est bénéfique pour les élèves d'appréhender ce que sont les différents métiers dès le plus jeune âge. Je ne manquerai pas de continuer à suivre ce beau projet.