Question sur les synergies entre les écoles et le secteur Jeunesse

Question orale à Mme Caroline Désir, Ministre de l'Éducation, à propos des synergies à créer entre les écoles et le secteur de la Jeunesse.

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- La Déclaration de politique communautaire (DPC) comprend plusieurs passages transversaux relatifs à l'enseignement et au secteur de la jeunesse.

Intéressons-nous de plus près à certains de ces extraits, dont voici le premier : «La Fédération Wallonie-Bruxelles doit permettre aux francophones de s'instruire et de se cultiver. Elle doit favoriser leur épanouissement. Le bien-être des enfants, des jeunes et des générations futures est au cœur de son action.» Quelques lignes plus loin, il est écrit que «la préparation des jeunes, de tous les jeunes, aux exigences, aux enjeux et aux opportunités que présente l'avenir sera au cœur des préoccupations» et que «La Fédération,à travers un enseignement d'excellence et la culture démocratisée, fera tout pour les émanciper et les préparer au monde de demain.»

Le caractère transversal de ces grands objectifs réside dans la nécessité de faire intervenir différents secteurs pour les atteindre. Parmi ceux-ci figurent l'école, bien entendu, et le secteur de la jeunesse, dont la finalité consiste d'ailleurs à former des citoyens responsables, actifs, critiques et solidaires (CRACs).

Par ailleurs, le site internet du service de la jeunesse de la Fédération Wallonie-Bruxelles con-tient le paragraphe suivant: «Construire des partenariats entre le secteur de la jeunesse et le secteur de l'enseignement peut prendre diverses formes et constitue une plus-value essentielle! Les femmes et les hommes travaillant au sein de ces secteurs poursuivent et partagent une finalité commune: former des citoyens responsables, actifs, critiques et solidaires(CRACs)! Bien entendu les méthodes éducatives sont propres à chacun des secteurs et leur complémentarité est une richesse pour le développement global des enfants et des jeunes. Créer des ponts entre les mondes de l'Éducation formelle et non formelle (École/Jeunesse) permet de donner de la cohérence entre les différentes actions éducatives portées de part et d'autre. Cela participe à l'amélioration du vivre-ensemble dans les classes, les écoles, les quartiers, et la société de manière générale.»

Madame la Ministre, pourriez-vous faire un état des lieux de ces partenariats? Les maisons et les centres de jeunes éprouvent de nombreuses difficultés à entrer dans les écoles, car les directions ont souvent d'autres priorités. Confirmez-vous l'existence de cette situation? Envisagez-vous un décloisonnement de ces deux secteurs en vue d'encourager les relations synergiques? Les jeunes en bénéficieraient à double titre, puisque ce sont eux qui fréquentent aussi bien l'école que les structures de jeunesse.

Mme Caroline Désir, ministre de l'Éducation.- Madame la Députée, le secteur des centres de jeunes, qui regroupe les maisons de jeunes, les centres de rencontres et d'hébergement ainsi que les centres d'information des jeunes, développe une politique socioculturelle locale et encourage la mise en œuvre et la promotion de pratiques socioculturelles et de création.

Comme vous, j'accorde une grande importance à la collaboration entre les différents acteurs, des secteurs de la jeunesse et de l'éducation, dans l'intérêt de l'émancipation des jeunes. Il existe d'ailleurs déjà des articulations entre ces acteurs, par exemple avec les centres d'information des jeunes. Ceux-ci ont notamment pour mission l'appropriation de l'information et des outils d'information dans un souci de pluralisme. Ils sont bien connus des établissements scolaires. Je peux citer également les maisons de jeunes, qui portent des initiatives telles que l'organisation d'aide aux devoirs et tentent, à ce titre, d'être en contact avec les établissements scolaires.

Cependant, je rejoins le constat que les possibilités et la nature des collaborations pourraient être davantage élargies et approfondies à travers une information mutuelle plus ciblée des établissements scolaires et des associations implantées localement.

C'est d'ailleurs un des objectifs du Pacte pour un enseignement d'excellence à travers la mise en place des référents culturels dans le cadre du parcours d'éducation culturelle et artistique (PECA). Ces référents auront pour mission de rassembler les informations et d'assurer le rôle d'intermédiaire entre les associations culturelles, de préférence locales, et les enseignants. Les structures de jeunesse font partie de ces associations.

Pour conclure, je voudrais rappeler que les collaborations des écoles avec des associations du secteur jeunesse, si elles sont encouragées, relèvent néanmoins de l'autonomie des écoles et des pouvoirs organisateurs. Il appartient, en effet, à chaque équipe pédagogique de faire vivre le projet adopté par son pouvoir organisateur en collaborant avec différents organismes ou associations.

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- Madame la Ministre, je m'aperçois que vous allez dans mon sens et souhaitez une plus grande synergie entre ces deux secteurs. Je m'en réjouis, tout comme des initiatives qui existent déjà en la matière. Je ne manquerai pas d'être attentive à ce qui est prévu dans le Pacte pour un enseignement d'excellence à ce sujet et à la manière dont ces éléments sont introduits. Les deux secteurs peuvent être complémentaires malgré leurs spécificités. Ces synergies ont tout leur sens pour le bien-être et l'accomplissement des jeunes dans une optique d'éducation permanente.