Question sur la disparition de clubs de tennis à Liège et dans le Hainaut

Question orale à Mme Valérie Glatigny, Ministre des Sports, à propos de la disparition des clubs de tennis en provinces de Liège et de Hainaut.

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- Dans les provinces de Hainaut et de Liège, les clubs de tennis rencontrant des difficultés financières se multiplient. Par exemple, dans la région liégeoise, une trentaine de terrains couverts, c'est-à-dire la moitié, ont disparu en cinq ans et ce chiffre risque malheureusement encore d'augmenter.

Je pense notamment à l'Euro Tennis de Barchon -où a notamment évolué David Goffin- qui devrait être rasé cet été pour faire place à un centre d'affaires. C'est donc 600 membres et une école de 300 jeunes qui vont se retrouver privés de terrain.

Les clubs de ces régions demandent des cotisations moins élevées que la moyenne et leurs rentrées sont donc plus faibles. Les difficultés financières occasionnées expliquent ces fermetures.

La situation ne serait pas identique sur tout le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Par exemple, en Brabant wallon et dans la Région de Bruxelles-Capitale, les clubs de tennis sont souvent repris dans des structures commerciales et peuvent donc réclamer des cotisations beaucoup plus élevées.

Par ailleurs, les petits clubs sont difficilement rentables, car les personnes y travaillant, notamment dans les cafétérias, sont rémunérées pour des services allant parfois jusqu'à 14 heures!

Paradoxalement, il n'y a jamais eu autant d'affiliés dans les clubs de tennis qu'aujourd'hui, puisque l'on dénombre 84.000 inscrits en 2019. Les Belges adorent le tennis et, grâce à nos joueurs de renom, ce sport fait briller notre pays sur la scène internationale.

Madame la Ministre, confirmez-vous une augmentation des difficultés rencontrées par les clubs de tennis dans les provinces de Hainaut et de Liège? Quelle est la situation dans les autres provinces de la Fédération Wallonie-Bruxelles? Prévoit-elle un soutien pour ces clubs de tennis en difficulté? Dans l'affirmative, quels seront les moyens déployés et quelle forme prendront-ils?

Mme Valérie Glatigny, ministre des Sports.- Madame la Députée, je vous remercie pour votre question concernant un sport particulièrement populaire chez nous. Le tennis se pratique en été et en hiver, en intérieur comme en extérieur. Sur le plan sportif, et plus particulièrement pour le tennis en compétition, principalement en extérieur, la période la plus intense court de fin avril à fin septembre.

Jusqu'alors, d'après l'Association francophone de tennis (AFT), le nombre de clubs et de terrains extérieurs était suffisant pour accueillir l'ensemble de l'activité tennistique durant cette période très chargée. Cependant, au fil des années, force est de constater que le tennis se pratique de plus en plus en hiver, tant au niveau des cours pour jeunes que pour adultes.

D'une part, toutes les écoles de tennis affichent complet. D'autre part, lorsqu'un tournoi est organisé en hiver, le nombre maximum d'inscrits est rapidement atteint.

L'AFT confirme aujourd'hui que le nombre d'infrastructures intérieures n'est, en général, pas suffisant et qu'elle ne peut donc pas répondre à toutes les demandes pendant l'hiver. Cela con-cerne aussi bien la formation et les cours, le tennis de loisir ou les tournois organisés dans le cadre du tennis en compétition.

L'AFT confirme également que certaines structures intérieures ont disparu ces dernières années pour des raisons diverses. Évoquons, entre autres, le choix de certains clubs de transformer des infrastructures intérieures au profit d'autres activités sportives, comme le paddle ou le futsal. Ces mutations ne sont pas liées à l'une ou l'autre région, mais sont plutôt circonstancielles.

Cependant, parallèlement à la disparition ou à la réaffectation de certaines structures tennistiques intérieures, nous pouvons également compter sur la réalisation de beaucoup d'autres, un peu partout sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Ainsi, des projets sont à l'étude, en cours de réalisation ou de finition dans les provinces de Liège, de Luxembourg, de Namur et de Hainaut. Un nouveau projet prend beaucoup plus de temps à voir le jour qu'une infrastructure à détruire ou à modifier.

Quant à votre question sur les aides et les soutiens à apporter aux clubs en difficulté, l'ADEPS -par l'intermédiaire des centres de conseil du sport (CCS)- ainsi que l'AFT sont des partenaires privilégiés, à l'écoute des structures locales. J'invite donc les structures en difficulté à nouer un dialogue avec ces institutions qui pourront les conseiller et les accompagner dans leur développement.

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- Madame la Ministre, compte tenu des excellents résultats enregistrés par nos compatriotes au plus haut niveau de ce sport, il serait dommage de ne pas nous inquiéter des plus petites structures qui sont à la base de la réussite de nos meilleurs athlètes. Ces dernières sont aussi et surtout source d'émancipation et d'épanouissement pour les jeunes et moins jeunes qui pratiquent le tennis pour leur loisir ou en compétition.

En ce qui concerne les infrastructures sportives, mon collègue Charles Gardier ne manquera pas de demander plus d'informations au ministre Crucke, au niveau de la Région wallonne.

J'inviterai quant à moi les responsables des petites structures de tennis à prendre contact avec les organismes que vous indiquez.