Question sur la fréquentation scolaire en maternelle

19/09/2023

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée, à Mme Caroline Désir, Ministre de l'Éducation, à propos de la fréquentation scolaire en maternelle

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Madame la Ministre, je vous ai déjà interrogée à plusieurs reprises au sujet du nécessaire renforcement de la fréquentation scolaire régulière dans l'enseignement maternel.

Mes questions s'inscrivaient dans le cadre d'une potentielle obligation de la scolarisation dès l'âge de trois ans et concernaient donc non seulement la troisième année, mais aussi les première et deuxième années de l'enseignement maternel. Il s'agit d'une demande portée par mon groupe politique au niveau fédéral.

Le 13 septembre 2022, en Commission, vous nous annonciez une hausse inquiétante du taux d'absentéisme en troisième année de l'enseignement maternel. Pour les années scolaires 2020-2021 et 2021-2022, les pourcentages d'élèves absents s'élevaient respectivement à 9,03 % et 10,92 %.

Vous annonciez par ailleurs que le Service du droit à l'instruction (SDI) avait réalisé une analyse qui avait pour objectif de vérifier si les élèves absents inscrits en troisième année de l'enseignement maternel au cours de l'année scolaire 2020-2021 étaient encore en situation d'absentéisme au cours de l'année scolaire suivante. En l'occurrence, il est apparu que la moitié d'entre eux devaient faire l'objet d'une attention particulière.

Cette tendance s'est-elle confirmée au cours de l'année scolaire 2022-2023? Pouvez-vous nous exposer les chiffres récoltés jusqu'au 31 août 2023 et les comparer avec ceux de l'année scolaire précédente? Pourriez-vous comparer ces mêmes chiffres avec ceux relatifs à l'absentéisme dans l'enseignement primaire et l'enseignement secondaire? La troisième année de l'enseignement maternel est-elle encore l'année de l'enseignement fondamental la plus concernée par l'absentéisme scolaire injustifié?

Par ailleurs, vous annoncez la création d'une application consacrée à la gestion de la fréquentation scolaire et dont les objectifs sont multiples. Il s'agit d'informatiser la prise de présence et la tenue des registres; d'automatiser et de systématiser la notification des absences injustifiées sans accroître la charge de travail des équipes éducatives; de s'assurer que chaque élève risquant le décrochage scolaire est suivi de manière efficace. Vous précisez toutefois que cet outil n'a pas pour but de calculer le taux de fréquentation en classe d'accueil ainsi qu'en première et en deuxième années de l'enseignement maternel, mais qu'il s'agit d'une possibilité pour les écoles.

Quel est l'état d'avancement de cet outil numérique? Dans sa Déclaration de politique communautaire (DPC), le gouvernement a annoncé vouloir favoriser la fréquentation de l'école à partir de trois ans. Dès lors, pourquoi ne pas demander à toutes les écoles de recenser la fréquentation des élèves inscrits, y compris en classe d'accueil, ainsi qu'en première et deuxième années de l'enseignement maternel?

Mme Caroline Désir, Ministre de l'Éducation. – Madame la Députée, je vous livre les informations que les services de l'administration m'ont transmises. Pour l'année scolaire 2022-2023, le taux d'absentéisme scolaire en troisième année d'enseignement maternel s'élève à 11,98 % contre 7,82 % pour l'enseignement primaire, toutes années confondues. Par rapport à l'année antérieure, ce taux n'évolue que faiblement puisqu'il était déjà de 10,92 %.

Concernant votre question relative au développement d'une solution numérique pour assurer la prise des présences et la tenue des registres de fréquentation en troisième année de l'enseignement maternel, les tests sont en cours dans plusieurs écoles fondamentales. Malheureusement, le développement de différents modules a dû être ralenti pour permettre aux équipes de faire face à d'autres priorités numériques. Lorsqu'un outil sera finalisé, il conviendra d'adapter le cadre réglementaire pour donner une base légale à ce recensement. Eu égard au recensement de la fréquentation des élèves inscrits en classe d'accueil, ainsi qu'en première et deuxième années de l'enseignement maternel, il n'est pas prévu, à ce stade, de l'envisager dans le cadre des développements futurs.

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – La situation est tout de même assez inquiétante: en 2020‑2021, le taux d'absentéisme en troisième année de l'enseignement maternel s'élevait à 9,03 %; en 2021‑2022, à 10,92 % et en 2022‑2023 à 11,98 %. Ces chiffres posent question.

Il ne suffit pas d'abaisser l'âge de l'obligation scolaire, encore faut-il que celle-ci soit respectée. Nous savons combien la fréquentation de l'enseignement maternel est essentielle pour le développement de l'enfant. C'est pourquoi mon groupe souhaite abaisser l'âge de l'obligation scolaire à trois ans. Mais on constate que celle-ci n'est pas respectée à l'âge de cinq ans. Nous devons renforcer les contrôles et les sanctions à l'égard des parents qui ne respectent pas l'obligation scolaire. Ce dossier est important et mon groupe continuera d'être attentif à son suivi.