Question sur le contenu des cours de religion islamique

Question de Mme Stéphanie Cortisse à Mme Caroline Désir, Ministre de l'Éducation, intitulée «Formation des professeurs de religion islamique et contenu des cours de religion islamique en Fédération Wallonie-Bruxelles»

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- Madame la Ministre, en février dernier, je vous interrogeais au sujet de la formation des professeurs de religion -islamique en particulier-, ainsi que de l'élaboration et du contenu des cours dispensés en Fédération Wallonie-Bruxelles.

En ce qui concerne la formation des professeurs, vous m'avez précisé que, dans l'attente de l'organisation d'un certificat en didactique du cours de religion islamique délivré par une université ou une haute école de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il était toujours permis, à titre transitoire, et ce, jusqu'au 1er septembre 2021, de remplacer le certificat par un titre délivré par le culte, comme le certificat d'aptitude pédagogique délivré par l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB).

Pourriez-vous en dire plus sur l'organisation de ce certificat? Avez-vous pu en discuter avec votre collègue chargée de l'Enseignement supérieur, Mme Glatigny? Par ailleurs, une mise à niveau est-elle prévue pour les professeurs qui sont déjà en exercice et qui ne disposent que d'un titre délivré par le culte?

En ce qui concerne le contenu des cours, vous m'aviez répondu qu'il n'existe pas, à l'heure actuelle, de référentiels des cours de religion et que ce sont les autorités du culte qui en définissent seules les contenus. Vous ajoutiez toutefois qu'à partir du 1er septembre 2020, en raison d'un changement législatif intervenu au cours de la précédente législature, le gouvernement serait habilité à labelliser des référentiels et des programmes proposés par les autorités de culte et des représentants de la morale non confessionnelle.

Le gouvernement a-t-il l'intention d'établir des référentiels et programmes pour les cours de religion, en ce compris ceux de religion islamique? Dans l'affirmative, comment comptez-vous procéder? À mon sens, le but n'est évidemment pas de se borner à avaliser ce qui aura été proposé par les autorités du culte, mais bien d'instaurer un contrôle de la part du gouvernement.

Mme Caroline Désir, Ministre de l'Éducation.- Le certificat en didactique du cours de religion islamique est organisé par l'Université catholique de Louvain (UCLouvain) depuis 2015. Ce cursus est le fruit d'un partenariat entre l'UCLouvain et l'EMB et a pour objectif de doter les professeurs de religion islamique de l'enseignement primaire et secondaire de solides compétences en théologie et en didactique de l'enseignement religieux.

Les membres du personnel qui sont professeurs de religion et qui n'ont pas pu bénéficier des dispositions transitoires prévues par le décret du 11 avril 2014 réglementant les titres et fonctions dans l'enseignement fondamental et secondaire organisé et subventionné par la Communauté française devraient effectivement disposer du certificat en didactique du cours de religion au terme de la prochaine année scolaire.

Je devrais aborder cette thématique dans les meilleurs délais avec ma collègue chargée de l'enseignement supérieur.

Madame la Députée, une procédure existe en effet depuis la législature passée pour permettre aux autorités de culte et aux représentants de la morale non confessionnelle de soumettre leur référentiel en vue d'une labellisation, mais il se s'agit en aucun cas d'une procédure automatique.

Les référentiels proposés au gouvernement seront analysés sur la base d'un avis de la Commission de pilotage avec le soutien du Service général de l'inspection (SGI). Le Parlement les approuvera ensuite, comme c'est l'usage pour les autres référentiels.

À ce jour, le seul dossier qui a été déposé selon la procédure de labellisation est celui du cours de religion catholique. Aucune autre demande ne nous est parvenue.

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- Comme je le précisais déjà en février dernier, nous devons tendre vers un Islam de Belgique en adéquation avec les valeurs et le mode de vie belge et européen. Le but est de favoriser le vivre-ensemble tout en laissant aux élèves la liberté de suivre le cours de religion de leur choix, tel que le prévoit la Constitution.

C'est en instaurant des balises claires, tant au niveau de la formation des professeurs -nous y travaillons- que du contenu des cours, que nous pourrons contrer les clichés qui existent à propos de la place de la religion dans l'espace public.

Je m'étonne que la labellisation ne soit pas automatique. Ne pourrions-nous pas intervenir à ce niveau et changer la législation? Quoi qu'il en soit, je ne manquerai pas de suivre avec attention l'évolution de ces deux chantiers.