Question sur les échanges de professeurs de langues entre communautés

Question à Mr. Pierre-Yves Jeholet, Ministre-Président, sur les échanges de professeurs de langues entre la FWB, la Communauté flamande et la Communauté germanophone.

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- Dans le cadre de vos compétences relatives aux relations intra-belges, vous avez rencontré, voici quelques semaines, le Ministre-Président flamand, Jan Jambon. Vous avez abordé avec lui plusieurs sujets importants pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, dont l'échange de professeurs de langues entre Communautés.

D'après la presse, les collaborations devraient s'intensifier. C'est une bonne chose puisque ces possibilités d'échange, alors qu'elles ont été lancées en 2014, n'ont pas eu les résultats escomptés.

Monsieur le Ministre-Président, quelles conclusions tirez-vous de cette rencontre avec votre homologue flamand ? Pourriez-vous nous en dire davantage sur cette volonté d'intensifier les échanges de professeurs de langue natifs entre le nord et le sud du pays ? Quelles sont les raisons pour lesquelles ces échanges ne suscitent pas beaucoup d'intérêt actuellement ? Comment par-venir à les rendre plus attrayants ?

M. Pierre-Yves Jeholet, Ministre-Président.- Vendredi dernier, j'ai rencontré mon homologue germanophone Oliver Paasch, comme je l'avais fait avec Jan Jambon le 26 novembre. Cela me permet donc d'élargir votre question à la Communauté germanophone également.

Il est vrai que les échanges de professeurs de langue natifs entre les différentes Communautés sont rares. Les raisons sont multiples : les enseignants craignent d'exercer dans un environnement auquel ils ne sont pas habitués, aucun incitant financier n'existe pour susciter des vocations et les contraintes sont nombreuses, notamment en matière de déplacement, entre autres. Il convient de déterminer les causes de cet échec.

Toujours est-il qu'en 2014, la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Communauté germanophone et la Communauté flamande ont adapté le décret « Missions » du 24 juillet 1997. Le but de ce nouveau cadre légal était de faciliter l'échange d'enseignants entre les Communautés. Or, l'objectif n'a pas été atteint. Une plateforme en ligne, dénommée www.teachersmobility.be, avait été conçue dans le but de recenser les offres et demandes en matière d'échanges de professeurs provenant des écoles et du personnel enseignant. Nous devons déplorer que cette plateforme n'ait jamais véritablement été mise en œuvre. Le nom de domaine est à présent hors service et a même été piraté.

Le ministre-président flamand Jan Jambon, le ministre-président germanophone Oliver Paasch et moi-même avons décidé de créer un groupe de travail incluant les différentes administrations et les ministres compétents, afin de supprimer les freins existants et de permettre l'intensification de ces échanges.

Ils devront être équilibrés et réciproques, puisque les trois Communautés connaissent actuellement une pénurie d'enseignants. Il eut été dommage, à l'heure où l'apprentissage des langues est devenu si essentiel, de ne pas prendre une telle initiative.

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- Je vous remercie pour vos réponses et votre enthousiasme sur ce sujet qui me semble primordial. Il est très positif que vous ayez également abordé la question avec votre homologue germanophone. Je suis persuadée que les relations entre Communautés peuvent et doivent être renforcées. Je me réjouis que votre gouvernement aille dans cette direction par le biais, notamment, de la création d'un groupe de travail. Je serai attentive à ses travaux.