Question sur les exercices militaires dans les écoles

Question orale à Mme Caroline Désir, Ministre de l'Éducation, à propos des exercices militaires en situation réelle à l'école.

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- Madame la Ministre, la Défense nationale a organisé dernièrement des exercices militaires dans plusieurs écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, notamment à l'Athénée royal de Malmedy.

Ces opérations fictives sont destinées à entraîner les militaires à des interventions en conditions réelles de prise d'otages ou d'attentat. Ces situations d'extrême gravité sont très rares, mais non hypothétiques. L'attentat de Liège en est un bon exemple, l'assaillant s'étant réfugié dans une école. Il est rassurant et sain que l'armée soit préparée à ce genre d'exercice.

J'ai été surprise par l'avis du Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (GRIP), un centre de recherche indépendant, reconnu comme organisation d'éducation permanente par la Fédération Wallonie-Bruxelles. En effet, ce dernier a fait état d'une "grande offensive dans les établissements d'enseignement secondaire qui aurait contribué à exposer les jeunes à la propagande de l'institution militaire".

Pourrais-je avoir votre sentiment sur le sujet ? Êtes-vous en contact avec la Défense nationale lorsque des exercices militaires d'une telle envergure sont organisés ? Ceux-ci sont-ils réguliers et laissés à l'appréciation des pouvoirs organisateurs des écoles ?

Bien que je respecte le travail important mené par le GRIP, je suis fort étonnée des propos évoquant une « propagande militaire ». Entreprendre une carrière professionnelle au sein de la Défense nationale est tout à fait remarquable. Sensibiliser les jeunes à ces opportunités de carrière ne fait-il pas partie des missions éducatives ?

Mme Caroline Désir, Ministre de l'Éducation.- Madame la Députée, il est exact que la Défense nationale organise ponctuellement des exercices dans différents lieux dont les établissements scolaires. Cela a été effectivement le cas à Rochefort et à Malmedy en octobre dernier.

Le GRIP est un organisme d'éducation permanente reconnu et financé par la Fédération Wallonie-Bruxelles et il ne m'appartient pas de commenter la réaction de cet organisme à propos de ces exercices militaires.

Je précise que l'objectif de ces derniers n'est pas de sensibiliser les jeunes aux métiers de la Défense, mais bien de préparer les unités spéciales de l'armée à intervenir dans le contexte d'une action terroriste qui pourrait éventuellement se produire dans un milieu scolaire.

Par ailleurs, je ne suis pas en contact avec la Défense nationale lors de l'organisation de tels exercices au sein de milieux scolaires situés sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En réalité, la décision de participer ou pas à ces exercices appartient au pouvoir organisateur et à l'établissement visé.

Enfin, je me permets de souligner qu'il est de la responsabilité de ces derniers de préparer les élèves et les équipes pédagogiques à ces exercices afin que ceux-ci n'engendrent pas des traumatismes chez les élèves qui y participent.

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- Le GRIP allègue à nouveau ce matin dans la presse que ces exercices sont carrément « inutiles » et relèvent uniquement de la « propagande militaire ». Il est dérangeant de voir ainsi stigmatisée négativement l'image de la Défense nationale. Cette institution majeure de la préservation de nos droits et de nos libertés mérite plus de respect. Et si ces exercices ont pour conséquence indirecte d'attirer de nouvelles recrues, je trouve cela plutôt bénéfique.