Question sur les relations familles-écoles

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse à Mme Caroline Désir, ministre de l'Éducation, sur les relations familles-écoles.

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- La crise sanitaire du Covid-19 et ses conséquences sur l'organisation de notre enseignement francophone mettent en lumière la nécessité de renforcer les liens entre les familles et les écoles, en faisant des parents des interlocuteurs et des partenaires des enseignants dans l'éducation de leurs enfants.

Le 14 janvier dernier, je vous ai interrogée, Madame la Ministre, sur la revalorisation du métier d'enseignant. Vous aviez eu l'occasion de souligner «la difficulté persistante à envisager les parents comme des acteurs à part entière de l'éducation, mais aussi du parcours scolaire de leur enfant». Vous ajoutiez: «Longtemps, les parents ont été en quelque sorte un corps étranger au monde de l'école et l'idée qu'ils soient partenaires du parcours scolaire est finalement assez récente. Les situations varient beaucoup d'une école à l'autre et d'une équipe pédagogique à l'autre, mais il est reconnu que tous les projets qui intègrent les parents sont généralement bénéfiques pour toutes et tous, même si cela ne va pas sans difficultés et sans ajustements, et dans le respect du rôle des enseignants. La coéducation est riche de potentialités.» Enfin, vous précisiez que «c'est un sujet sur lequel il va falloir insister, tant dans la formation initiale des enseignants, qui relève des compétences de Mme Glatigny, que dans le Pacte pour un enseignement d'excellence et la formation continue» et que «le Pacte pour un enseignement d'excellence insiste particulièrement sur ces dynamiques collectives et partagées. Les mettre en œuvre et les porter sur le long terme est un effort constant, mais je suis persuadée que le jeu en vaut la chandelle.»

Je suis d'accord avec vous. L'avis n°3 du Groupe central insiste effectivement sur la nécessité de favoriser un partenariat éducatif, durable et constructif entre les équipes éducatives et les parents d'élèves de tous les milieux socio-économiques et culturels.

Il est préconisé de réaliser un cadastre des différents types de dispositifs formels et informels qui favorisent des relations de confiance avec les familles, et ce, en lien étroit avec le nouveau pilotage des établissements scolaires, les données étant recueillies notamment grâce aux plans de pilotage et aux contrats d'objectifs.

Le cadastre serait réalisé dans un triple objectif. Il s'agirait tout d'abord d'évaluer les leviers d'action, les obstacles et les résistances à la mise en œuvre de ces dispositifs. Il faudrait ensuite relever les ressources mises à la disposition des acteurs scolaires pour approfondir les enjeux des relations entre familles et écoles et renforcer leurs compétences relationnelles. La troisième étape serait de diffuser ces dispositifs auprès des équipes pédagogiques, directions et associations de parents et faciliter leur transmission dans les écoles par des réunions d'échange et de partage des pratiques entre pairs.

La Déclaration de politique communautaire (DPC) met elle aussi l'accent sur les relations entre familles et écoles. Votre gouvernement entend «impliquer les familles et les élèves dans la vie de l'école, amplifier les rencontres écoles/parents dans des cadres appropriés et dans une dynamique participative et développer des relations de confiance entre l'école et le milieu de vie de l'enfant» ou encore «encourager le développement d'associations de parents au sein des établissements et veiller à la consultation des parents dans le cadre de l'élaboration des plans de pilotage».

Madame la Ministre, où en êtes-vous concernant l'élaboration de ce cadastre préconisé par le Pacte? Quels sont les premiers grands thèmes mis en exergue dans les plans de pilotage concernant les relations entre les familles et les écoles? Outre ce cadastre, quelles sont vos stratégies pour améliorer ces relations et atteindre les objectifs précités de la DPC?

Mme Caroline Désir, ministre de l'Éducation.- Bien au-delà de la crise sanitaire que nous traversons, la relation entre les familles et l'école est un maillon indispensable dans une alliance éducative constructive, respectueuse et efficace.

La développer et la renforcer n'est pas une tâche accessoire par rapport à la mission centrale de l'école qui est d'amener tous les élèves à s'approprier les savoirs et à acquérir des compétences. Au contraire, c'est une des conditions de base pour que les apprentissages se réalisent dans des conditions optimales, et ce, dès le plus jeune âge.

Comme vous l'indiquez, l'avis n°3 du Groupe central prévoit la réalisation d'un cadastre des différents types de dispositifs formels et informels qui favorisent des relations de confiance entre les familles et l'école. C'est chose faite.

En effet, le 22 avril, l'Université libre de Bruxelles (ULB) et l'Université de Liège (ULiège) ont présenté le rapport final pour le développement d'un cadre méthodologique. C'est sur la base des éléments de ce rapport que le chantier relatif à cette thématique prévoit de sonder un échantillon des plans de pilotage d'écoles de la première vague afin d'observer le type d'informations utiles et pertinentes visant à renforcer les relations entre les familles et l'école.

Ce travail est en cours, mais a dû être légèrement décalé dans le temps, au vu des circonstances actuelles liées à la crise sanitaire. Nous pensons pouvoir le mener à bien d'ici la fin de cette année scolaire. Il s'en suivra le développement d'une stratégie globale pour améliorer ces relations.

Il faut noter qu'en parallèle, plusieurs projets se penchent sur le climat de l'école pour le développement de la démocratie et du bien-être à l'école. Il s'agit là de différents éléments coordonnés qui doivent associer les parents à la vie scolaire et développer les relations de confiance nécessaires à une collaboration efficace et fructueuse entre les familles et le monde scolaire.

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- Je me réjouis des avancées dans ce dossier capital.

Je regrette que, depuis le début du confinement, de nombreux enseignants et directeurs d'écoles n'arrivent même plus à avoir de contact avec certains parents et a fortiori avec les élèves.

Cette situation renforce ma conviction selon laquelle une amélioration des relations entre les familles et l'école est essentielle. Je serai très attentive à l'évolution du dossier.