Question sur l'invitation de policiers dans les écoles pour témoigner de leur métier

Question orale à Mme Caroline Désir, Ministre de l'Éducation, à propos de l'invitation de policiers dans les écoles pour témoigner de leur métier pour un rétablissement du respect de l'autorité et la revalorisation de la fonction.

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- Le jeudi 7 novembre, sur le plateau de la RTBF, lors de l'émission «Jeudi en prime», le chef de corps de la police de Liège a accordé une interview qui n'a pas manqué de susciter plusieurs interrogations quant au métier de policier. Cette interview faisait suite à l'important rassemblement qui s'est tenu à Liège le mercredi 6 novembre contre les violences sur les policiers.

Selon les propos de cet invité, force est de constater que, depuis une dizaine d'années, une méfiance grandissante des citoyens vis-à-vis de la police et une certaine forme de rejet de l'autorité se manifestent. Au quotidien, les policiers doivent faire face à des attitudes, des comportements ou des propos qui reflètent un manque de respect croissant. Une de ses phrases a particulièrement retenu mon attention: «Il y a un travail de fond à faire. Il faut retourner dans les écoles pour se faire con-naître, se faire reconnaître en tant que représentant de l'autorité

J'estime que l'invitation de policiers dans les écoles pour présenter leur fonction et discuter avec les élèves permettrait de tendre vers un rétablissement du respect de l'autorité et la revalorisation de cette profession.

Madame la Ministre, pourrais-je avoir votre sentiment sur cette proposition? Au-delà des initiatives individuelles de certains pouvoirs organisateurs, encourageriez-vous ces visites? Pourraient-elles avoir lieu dans le cadre du cours d'éducation à la philosophie et la citoyenneté (EPC)?

Cette proposition très concrète mise à part, l'apprentissage des institutions de l'État et plus particulièrement de ses organes ayant la sécurité pour mission est-il enseigné?

Mme Caroline Désir, ministre de l'Éducation.- Les agressions contre le personnel de la fonction publique sont inacceptables, comme le sont d'ailleurs toutes les violences à l'égard d'un groupe défini. Elles le sont a fortiori à l'encontre des représentants de l'ordre public ou des services publics. Je pense également aux pompiers et aux ambulanciers.

En ce qui concerne les activités que vous proposez, je rappelle qu'elles doivent se dérouler dans le respect de la liberté pédagogique de l'enseignant, de la direction et du pouvoir organisateur. À la condition de respecter les réglementations en vigueur, ils jouissent d'une autonomie qui leur permet notamment de choisir les partenaires qu'ils invitent dans leurs locaux.

C'est donc prioritairement au niveau des référentiels qu'il convient d'agir et je vous confirme qu'ils prôneront l'ouverture sur le monde. Dans cette optique, toutes les visites et invitations seront des ressources utiles pour comprendre et appréhender notre société.

Je vous rejoins pour dire que le cours d'EPC permet de promouvoir le respect du vivre-ensemble. À ce titre, il peut être un lieu où l'on inculque le respect de l'autre, que ce soit dans sa fonction, dans son histoire ou dans le rôle qu'il tient au sein de notre société.

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- Il est vrai que l'initiative revient aux écoles, mais nous devrions encourager cette pratique. Notre société gagnerait à ce que les élèves soient sensibilisés au respect des institutions de l'État, en ce compris la police. Trop souvent, les jeunes sont uniquement confrontés aux services de police lors de répressions. Ils en gardent une image négative, alors que la mission de ces derniers s'étend également à la prévention, à la sécurité et au respect des libertés individuelles. Je reviendrai sur ce sujet pour discuter d'éventuelles actions de votre gouvernement, Madame la Ministre.