Question sur l'orientation entre le secondaire et le supérieur

26/04/2022

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée (MR), à Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Enseignement supérieur, à propos de l'orientation des élèves entre l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur

Mme Stéphanie Cortisse (MR). - Depuis le mois de janvier 2020, Madame la Ministre, vous avez entamé un chantier essentiel au sujet de l'orientation des élèves entre l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur.

Un groupe de travail dédié à cette thématique est à l'œuvre au sein de l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur (ARES). Sa mission est de formuler des propositions concrètes de mise en œuvre de directives qui lui ont été soumises par le conseil d'orientation.

La Déclaration de politique communautaire (DPC) prévoit de «proposer, sur base volontaire, une évaluation d'orientation formative et non contraignante à tout jeune qui désire s'inscrire dans l'enseignement supérieur» et «à l'issue de l'évaluation d'orientation formative et non contraignante, proposer un plan d'accompagnement personnalisé si des lacunes sont constatées, afin de les combler».

Au mois de janvier dernier, vous avez annoncé votre souhait d'élaborer, en collaboration avec la ministre de l'Éducation, un outil d'orientation neutre et utilisable sur une base volontaire, par tous les élèves, avant leur choix d'études, lorsqu'ils sont toujours scolarisés dans l'enseignement secondaire. Un budget de 1 371 000 euros a d'ailleurs déjà été débloqué en 2022 en ce sens.

Outre l'établissement d'un nouveau tronc commun polytechnique et pluridisciplinaire, qui valorise l'orientation positive, mon groupe estime qu'il est essentiel de renforcer les activités d'orientation en troisième année secondaire, avec un test, avant la poursuite du parcours scolaire obligatoire et le choix d'une filière qualifiante ou de transition. J'interrogerai aujourd'hui votre collègue, la ministre Désir, sur cette question. Mon groupe préconise aussi d'instaurer un test d'orientation en dernière année secondaire, avant l'entame des études supérieures. L'orientation des élèves, dans l'enseignement obligatoire ou avant l'enseignement supérieur, doit être une des grandes priorités de cette seconde partie de mandature.

Madame la Ministre, où en sont les recherches du groupe de travail «Orientation», constitué au sein de l'ARES? Le groupe a-t-il déjà énoncé des conclusions? Où en êtes-vous dans vos travaux concernant l'orientation et le passage de l'enseignement obligatoire vers l'enseignement supérieur? Ont-ils déjà permis de dégager des pistes concrètes? Dans l'affirmative, lesquelles? Pourriez-vous déjà nous en dire plus sur le test d'orientation que vous envisagez?

Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Enseignement supérieur. - Le groupe de travail relatif à l'orientation, proposé par le conseil d'orientation au conseil d'administration de l'ARES, a été constitué récemment, dans le courant de l'année 2021.

À la suite de différents contacts établis avec les établissements d'enseignement supérieur, la réflexion avance dans la perspective d'offrir un nouvel outil d'orientation en vue de la rentrée académique 2023-24. Cet outil présente plusieurs grandes caractéristiques.

D'abord, il permettra d'assister le jeune dans un double processus: d'une part, un processus d'orientation en lien avec l'approche orientante positive et le tronc commun développé pour l'enseignement obligatoire et, d'autre part, un processus de transition vers l'enseignement supérieur. Il sera transversal puisqu'il concernera l'ensemble de notre Fédération, sans qu'il y ait d'ancrage institutionnel puisqu'il sera en effet accessible à chacun en ligne par le biais du site www.mesetudes.be. Il sera également construit sur la base d'expertises de différentes institutions d'enseignement supérieur.

Ensuite, cet outil sera basé sur des tests permettant aux jeunes de déterminer à la fois leur motivation à partir d'une meilleure connaissance de soi, leurs aspirations et désirs professionnels ainsi que leur niveau de compétences cognitives, verbales, numériques, logiques et socioaffectives au moment du passage du test.

Ce test peut être réalisé à plusieurs étapes de la vie d'un élève ou d'un étudiant. Il est par conséquent évolutif.

L'outil permettra aussi de fournir une information sur les filières d'enseignement répondant le mieux aux aspirations professionnelles des élèves testés.

Dans une perspective d'orientation, cet outil pourra être utilisé librement. Son utilisation pourra également être accompagnée par des enseignants de l'enseignement secondaire ou des conseillers en orientation.

Dans une perspective de transition vers l'enseignement supérieur et de soutien à la réussite, cet outil pourra utilement être articulé avec des dispositifs d'aide à la réussite que les établissements scolaires créent en amont de l'entrée dans l'enseignement supérieur. À cet égard, je mentionne les cours préparatoires qui peuvent être d'ailleurs proposés tout au long de l'année scolaire, permettant à l'étudiant de combler des lacunes spécifiques, de mieux intégrer les codes de l'enseignement supérieur, de réaliser des examens blancs ou encore de bénéficier d'un blocus assisté.