Question sur l'orientation entre le secondaire et le supérieur

03/10/2023

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée, à Mme Caroline Désir, Ministre de l'Éducation, à propos du test d'orientation au sortir de la sixième année secondaire

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Madame la Ministre, nombre de jeunes s'inquiètent de leur transition entre l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur, en particulier en ce qui concerne leur orientation dans le choix des études, notamment après le bouleversement que nous avons connu dans notre enseignement à la suite à la crise sanitaire.

Je suis donc particulièrement intéressée et attentive depuis plusieurs années à l'état d'avancement de l'outil d'orientation devant permettre à ces jeunes de mieux s'orienter dans leurs études.

Le 10 janvier dernier, Mme Glatigny m'informait des modalités de ce test d'orientation qui sera formatif et non contraignant. Outre le fait de permettre au jeune de déterminer sa motivation, ses buts, ses représentations mentales, ses aspirations professionnelles et de déterminer son niveau de compétences cognitives, comme attendu dans l'enseignement supérieur, cet outil l'informera également sur l'état du marché du travail, l'éventail des métiers existants et toutes les filières qui y mènent.

Le 6 juin dernier, Mme Glatigny m'annonçait que les travaux de la mise en place de cet outil d'orientation avançaient bien, malgré la tâche ardue en raison de cette volonté de création d'une sorte d'écosystème, où le jeune aurait tout à portée de main pour s'informer et s'orienter, y compris la possibilité de faire appel à un conseiller en orientation ou encore à la Cité des métiers.

Une première version devait être opérationnelle dès septembre; sauf erreur, elle l'est depuis la semaine dernière. Cet outil est-il opérationnel? Va-t-il encore évoluer? Si oui, dans quel sens? Son existence a-t-elle fait l'objet d'une information aux établissements d'enseignement secondaire?

Mme Françoise Bertieaux, Ministre de l'Enseignement supérieur. – Vos questions viennent à point, puisque le premier module d'orientation a été rendu public pas plus tard que mardi dernier. J'insiste tout d'abord sur le fait que l'outil «ADA» est gratuit, non contraignant et, bien entendu, non obligatoire.

Cependant, il n'est pas un test, comme on a pu le lire dans la presse. Il n'est pas question ici de classer les individus en fonction d'une norme, à l'instar d'un test, mais plutôt de proposer une panoplie de formations et de métiers aux jeunes.

Cet outil est disponible et vous pouvez aller le tester à tout moment à l'adresse suivante: https://ada.mesetudes.be/

Il a été créé en réponse aux difficultés rencontrées par les jeunes lors d'un choix d'études après l'enseignement secondaire et lors de réorientations ou de reprises d'études dans le parcours de vie. Selon certaines études scientifiques, près d'un quart des probabilités de réussite serait en effet déterminé par la préparation des jeunes aux études supérieures. C'est donc aussi un moyen de prévention dans la lutte contre l'échec.

Il ne s'agit cependant que du premier volet de l'outil. Il a été piloté par le Pôle académique de Louvain qui avait développé l'outil «CURSUS» sur la base d'une collaboration avec l'Université de Montréal. Il s'accompagne d'un guide pédagogique qui cible les professionnels de l'enseignement et de l'orientation.

Il a fait l'objet d'une communication vers l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur, le secteur de la jeunesse et de l'aide à la jeunesse, les centres PMS et les carrefours des métiers.

À l'issue du questionnaire en ligne, il est d'ailleurs possible de trouver des liens vers des services spécialisés qui peuvent offrir un accompagnement individualisé et personnalisé en matière d'orientation.

Deux modules de cet outil sont encore en préparation par d'autres groupes de travail. Ils font intervenir tous les pôles académiques. J'espère personnellement que ces modules sont accessibles dans les prochains mois, de préférence avant la fin de cette législature. Ils prévoient notamment des questionnements liés à la motivation, à la connaissance de soi, ainsi qu'un test de compétences transversales. ADA est donc amené à évoluer au fil du temps, avec en ligne de mire un rapport d'évaluation qui sera transmis au Gouvernement en 2026.

J'ajoute qu'avec une équipe, nous avons l'utilisé. La personne qui m'accompagnait, qui est maintenant bien loin dans sa vie professionnelle, s'est alors rendu compte au fil de cet outil que ses centres d'intérêt l'avaient naturellement guidée à son choix d'études qui lui a assuré sa réussite académique et son métier d'aujourd'hui.

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Dès que possible, je m'empresserai aussi d'aller essayer cet outil et voir où il nous mène. Même si nous ne pouvons pas véritablement parler de test, cet outil était fort attendu.

Certes, il existe déjà un certain nombre d'outils d'orientation proposés par le secteur privé, mais ils sont souvent payants, jusqu'à 300 euros. Ils ne sont donc pas accessibles à tout le monde.

À présent – vous l'avez dit, Madame la Ministre –, tous les futurs étudiants ont accès à cet évaluateur gratuit. C'est une bonne chose dans la mesure où le redoublement concerne près de 60 % d'étudiants dans l'enseignement supérieur. Il est notamment dû à une mauvaise orientation des jeunes dans le choix de leurs études. Cet outil est une belle avancée et il faut continuer dans cette voie.

Je demanderai à la ministre Désir d'envoyer une circulaire aux écoles pour informer le plus possible les directions et les enseignants pour qu'ils proposent aux élèves d'utiliser cet outil.