Questions sur l'orientation des étudiants

Questions jointes de Mme Stéphanie Cortisse à Mme Caroline Désir, Ministre de l'Éducation, à propos des « Collaborations entre l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur pour améliorer l'orientation des étudiants » et sur la « Mise en place d'assises de l'orientation ».

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- Selon l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur (ARES), 60% des étudiants de l'enseignement supérieur ratent ou abandonnent leurs études, car l'option choisie ne leur correspond pas. Les raisons avancées sont multiples: pression familiale, test d'orientation sans succès, envie de suivre un ami, etc. Toutefois, pour la plupart des étudiants, le manque d'information est la cause principale.

Le Service d'information sur les études et les professions (SIEP) estime, quant à lui, que l'information reçue par les élèves en dernière année de l'enseignement secondaire général n'est pas assez soutenue dans le programme scolaire. Le SIEP prône donc l'instauration de cours portant sur l'aide à la recherche de sa personnalité en vue d'aider le jeune à trouver des pistes d'orientation. En outre, son site internet propose un classement des métiers par secteur professionnel, offrant ainsi une vue d'ensemble. Enfin, le SIEP donne la possibilité de rencontrer des psychologues pour encadrer les jeunes indécis.

Dans sa Déclaration de politique communautaire (DPC), le gouvernement prévoit des mesures pour faciliter la période de transition entre l'enseignement secondaire et supérieur et ainsi améliorer l'orientation des étudiants vers leur projet de vie. Parmi ces mesures figurent notamment les deux suivantes : la première consiste à «encourager la participation des élèves inscrits en dernière année de l'enseignement secondaire à des cours de méthodologie de l'apprentissage (prise de note, réalisation de synthèse, etc.) dans les établissements de l'enseignement supérieur». La deuxième mesure vise à «encourager la venue régulière d'enseignantes et enseignants de l'enseignement supérieur dans les établissements de l'enseignement secondaire afin de permettre aux élèves de mieux cerner les attendus de l'enseignement supérieur et les méthodes d'apprentissage nécessaires à développer (prises de note, rédaction de synthèse, etc.)».

Madame la Ministre, avez-vous pris connaissance des chiffres avancés par l'ARES? Que vous inspirent de telles statistiques et les causes d'une telle non-concordance dans le choix d'études des jeunes?

Que pensez-vous des positions du SIEP et de ses initiatives à l'intention des élèves de sixième année secondaire? Avez-vous déjà procédé à un échange de points de vue avec la ministre de la Jeunesse, dont dépend le SIEP?

Ces projets de collaboration entre enseignement secondaire et supérieur ont-ils déjà été examinés au sein du gouvernement? Quelle est la position du gouvernement à ce sujet? Avez-vous déjà consulté la ministre de l'Enseignement supérieur pour établir un calendrier des charges?

Existe-t-il déjà des cours de méthodologie de l'apprentissage dans l'enseignement supérieur destinés aux élèves inscrits en dernière année de l'enseignement secondaire? Si oui, dans quel type d'établissement et à quelle fréquence ces cours ont-ils lieu? Quels sont les contours des considérations budgétaires pour l'organisation de ce type de cours? Ces cours seront-ils intégrés à la grille horaire des étudiants inscrits en dernière année secondaire?

Des enseignants de l'enseignement supérieur effectuent-ils déjà des visites dans les écoles secondaires? Si oui, dans quel type d'établissement et à quelle fréquence ces visites ont-elles lieu? Quelles sont les perspectives budgétaires pour l'organisation de ces visites? Est-il prévu de les inclure dans l'horaire classique d'un enseignant en haute école ou d'un chargé de cours à l'université? Le cas échéant, ces heures remplaceront-elles des heures de cours dans leur horaire actuel? Dans le cas contraire, quelles sont les implications budgétaires du travail supplémentaire demandé aux enseignants? Quels incitants financiers leur seront-ils éventuellement proposés?

J'en viens maintenant à ma seconde question. L'orientation professionnelle constitue une des préoccupations majeures des étudiants, tant dans l'enseignement secondaire que dans l'enseignement supérieur. En effet, alors qu'ils sont relativement avancés dans leurs parcours scolaires respectifs et qu'ils sont dans la perspective de recherche d'un emploi dans les années qui suivront, ils se demandent quelles études supérieures choisir.

Selon sa DPC, le gouvernement entend notamment instaurer de véritables «assises de l'orientation» afin de généraliser des approches innovantes en termes d'orientation et de mettre l'accent sur une orientation positive vers les disciplines des STEM (Science, technology, enginee-ring and mathematics).

M.Casier a récemment interrogé la ministre de l'Enseignement supérieur à ce sujet, mais celle-ci lui a répondu que «les assises de l'orientation dont il est fait état dans la première partie de la DPC concernent à ce stade principalement l'enseignement obligatoire», raison pour laquelle je me tourne aujourd'hui vers vous afin d'obtenir davantage d'informations sur le sujet.

À quoi correspondent les «assises de l'orientation»? S'agit-il de rencontres semblables au congrès du 25 janvier 2019, intitulé «Assises de l'enseignement et de la formation professionnelle», mais concernant cette fois l'orientation? Seraient-elles organisées périodiquement? Si oui, à quelle période de l'année? Quels intervenants y seraient-ils présents? Quels seront les objectifs de ces assises, notamment en termes d'innovation?

Mme Caroline Désir, ministre de l'Éducation.- L'orientation est cruciale. Les chiffres communiqués par l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur (ARES) sont interpellants et concernent aussi bien l'enseignement secondaire que l'enseignement supérieur.

En effet, l'orientation des élèves doit constituer un processus d'accompagnement dans la construction de leur projet de vie, et ce, dans une optique positive et valorisante. À l'heure actuelle, il n'existe pas de politique publique valorisant l'approche éducative de l'orientation.

À cet égard, pour l'enseignement obligatoire, cette approche fait l'objet d'un chantier tout récemment entamé dans le cadre des travaux du Pacte d'excellence. Je suis convaincue que l'orientation des élèves doit débuter dès le plus jeune âge. Tout au long du tronc commun, ils seront amenés à poser des choix positifs vis-à-vis de leur avenir, de la poursuite de leurs études et des orientations pédagogiques qu'ils seront amenés à suivre.

Les personnes responsables de ce chantier travaillent actuellement à l'élaboration de sa feuille de route afin de définir et concrétiser une approche globale de l'orientation sur trois plans : sur le plan institutionnel, en l'inscrivant dans un cadre légal adéquat; sur le plan pédagogique, en proposant de créer une série d'outils d'orientation destinés à être utilisés dans les différentes activités scolaires; sur le plan de la formation et de l'information, en proposant de créer un portail d'informations unique et de qualité.

Lors de ce chantier, des travaux seront également consacrés à une étape souvent difficile pour de nombreux étudiants: la transition entre les enseignements secondaire et supérieur. J'ai d'ailleurs déjà abordé ces sujets importants avec ma collègue compétente pour l'enseignement supérieur. Madame la Députée, je vous confirme notre détermination à coordonner nos actions politiques dans ce domaine.

Les salons du Service d'information sur les études et les professions (SIEP) sont positivement accueillis par les jeunes et constituent à ce titre des outils importants pour soutenir chaque élève dans les choix qu'il posera pour son avenir. Je me suis d'ailleurs rendue récemment à un de ces salons afin d'informer les jeunes de l'engagement fort que le gouvernement entend prendre pour les préparer aux exigences, aux enjeux et aux opportunités de l'avenir.

Les cours de méthodologie de l'apprentissage dans l'enseignement secondaire font sans aucun doute l'objet d'initiatives ponctuelles, mais leur organisation relève encore des prérogatives des pouvoirs organisateurs.

Les autres éléments sur lesquels vous m'interrogez concernent l'enseignement supérieur; je vous invite donc à adresser ces questions à ma collègue, la ministre Glatigny.

Enfin, conformément à la Déclaration de politique communautaire (DPC), des assises de l'orientation seront organisées durant la présente législature. Elles viseront à étudier et à généraliser des approches de l'orientation innovantes. À ce stade, il ne m'est cependant pas encore possible de vous apporter des réponses précises quant aux modalités et au calendrier.

Madame la Députée, je ne manquerai pas de vous tenir informée des prochaines évolutions de ce chantier du Pacte d'excellence, l'orientation étant un élément majeur dans la lutte contre les inégalités scolaires.

Mme Stéphanie Cortisse (MR).- Je me réjouis de constater que de nombreux projets visant une orientation plus efficace des étudiants de l'enseignement secondaire et supérieur figurent au programme de votre gouvernement et que vous en avez déjà discuté avec la ministre Glatigny. Il s'agit en effet d'un enjeu primordial; j'ai d'ailleurs été interpellée à maintes reprises par de jeunes étudiants qui considèrent leur orientation comme leur principale préoccupation. Je ne manquerai pas de rester attentive à l'application de ces mesures dans le cadre du Pacte pour un enseignement d'excellence.