Semaines de remédiation pour débuter dans l'enseignement pour adultes

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée, à Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Enseignement pour Adultes, à propos des semaines de remédiation pour débuter dans l'enseignement pour adultes
Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Madame la Ministre, un établissement d'enseignement pour adultes m'a présenté une méthode intéressante qu'il a instaurée en début d'année: trois semaines de remédiation que ses nouveaux étudiants peuvent suivre sur une base volontaire. Durant la période en question, les notions, qui feront l'objet ensuite de tests d'admission, sont rafraîchies par des rappels théoriques et par des exercices. Des cours de français et de mathématiques sont proposés.
Des tests d'admission sont ensuite organisés en français et en mathématiques. De telles évaluations servent à déterminer le niveau atteint par l'étudiant et lui permettent soit d'être inscrit dans une section où il faut un certain niveau à l'entrée, soit d'être dispensé des premiers modules de langue si le niveau est suffisant. À l'issue de l'examen, chacun reçoit un conseil d'orientation, en fonction des résultats obtenus.
Pour se préparer aux tests, deux alternatives sont possibles: participer aux semaines de préparation précitées, ce qui est vivement recommandé, ou demander le cahier d'exercices et se préparer seul.
Madame la Ministre, avez-vous connaissance d'une telle méthode, qui semble porter ses fruits? Une généralisation des semaines de remédiation à tous les établissements d'enseignement pour adultes est-elle soumise au gouvernement? Dans la négative, une diffusion et un encouragement à adopter ce genre de bonne pratique sont-ils au moins prévus?
Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Enseignement pour adultes. – Madame la Députée, je vous remercie pour cette question qui met en lumière une initiative particulièrement intéressante développée au sein de l'enseignement pour adultes. Les dispositifs de remédiation et de mise à niveau à l'entrée des parcours constituent en effet des leviers importants pour soutenir la réussite des apprenants dans un contexte marqué par la diversité des profils et des acquis.
L'exemple que vous avez évoqué, qui associe préparation volontaire, évaluation diagnostique et accompagnement individualisé, s'inscrit pleinement dans cette logique et illustre la capacité de nos établissements à développer des réponses pédagogiques pertinentes et adaptées aux besoins de leur public.
Cependant, à ce stade, je ne dispose d'aucune évaluation globale et objectivée de cette pratique spécifique à l'échelle de l'ensemble des établissements. Il convient donc d'aborder avec prudence toute perspective de généralisation. En effet, avant d'envisager une extension à grande échelle, il est essentiel d'apprécier de manière rigoureuse les effets d'un tel dispositif, ses conditions de réussite, ainsi que sa transférabilité dans des contextes d'enseignement variés. Par ailleurs, l'enseignement pour adultes repose sur une organisation modulaire et sur des logiques d'entrée en formation qui peuvent varier selon les filières et les moments de l'année. Cela implique de veiller à ce que toute évolution des pratiques s'inscrive de manière cohérente dans ce fonctionnement spécifique sans en altérer la souplesse, qui est l'une de ses forces. Dans ce contexte, une généralisation uniforme ne paraît pas opportune à ce stade.
En revanche, la valorisation et la diffusion des pratiques inspirantes constitue une voie pertinente. Mes services y sont attentifs, notamment à travers les échanges entre établissements, pour permettre à chacun de s'approprier des initiatives qui ont fait leurs preuves, comme celle que vous évoquez. Cette réflexion s'inscrit plus largement dans la volonté de renforcer l'accueil, l'orientation et l'accompagnement des apprenants au bénéfice de la réussite et de la sécurisation de leur parcours.
Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Madame la Ministre, une généralisation ne respecterait effectivement pas le caractère modulaire et la liberté des établissements de s'organiser. Cela fait partie de leur richesse: pouvoir eux-mêmes décider de leur manière d'adapter la pédagogie à chacun des profils qui, comme vous l'avez précisé, sont diversifiés. Une diffusion et un encouragement de ce genre de bonnes pratiques pourraient être une piste et j'espère que votre cabinet pourra poursuivre dans cette voie. À cette fin, je ne manquerai pas de renseigner votre cabinet sur l'école qui s'inscrit déjà dans cette dynamique et les modalités sur lesquelles elle s'appuie. Ainsi, cela pourra être diffusé auprès des écoles qui voudraient s'en inspirer.