Absentéisme des étudiants en Hautes Ecoles

Question écrite de Mme Stéphanie Cortisse, Députée (MR), à Mme Elisabeth Degryse, Ministre-Présidente en charge de l'Enseignement Supérieur, relative à l'absentéisme des étudiants en Hautes Ecoles
Mme Stéphanie Cortisse, Députée (MR).- Madame la Ministre, dans le cadre de mes visites de terrain en hautes écoles, il me revient qu'il y a beaucoup d'absentéisme de la part des étudiants, ce qui s'est amplifié fortement depuis la crise de la Covid-19. Cet absentéisme est plus prégnant dans certains bacheliers que d'autres et dans certains établissements/campus que d'autres (en fonction notamment de leur taille).
Les acteurs de terrain m'ayant relayé cette problématique regrettent cet absentéisme car les étudiants n'acquièrent pas toutes les connaissances et pratiques nécessaires, ce qui entraîne par conséquent une hausse du taux d'échec. Ils estiment également que cela déstabilise l'organisation de leurs établissements et que c'est "jeter de l'argent par les fenêtres" en termes de matériel et d'encadrement. Ils souhaiteraient que les étudiants se voient imposer décrétalement un taux de présence obligatoire.
Madame la Ministre, mes questions sont les suivantes :
Disposez-vous des chiffres d'absentéisme des étudiants dans les hautes écoles et de leur évolution sur les 10 dernières années ? Si oui, pourriez-vous nous les présenter ?
Une réflexion concernant la lutte contre l'absentéisme des étudiants en hautes écoles est-elle à l'étude ? Quelles sont les pistes de réflexions sur la table ?
L'imposition d'un taux de présence obligatoire est-il envisageable ?
Je vous remercie déjà pour vos réponses.
Mme Elisabeth Degryse, Ministre-Présidente.- Madame la Députée, je vous remercie pour votre question et pour votre intérêt pour la participation des étudiants et étudiantes aux activités d'apprentissage.
Pour aller droit au but, non il n'existe pas de données sur le taux d'absentéisme en cours des étudiants et étudiantes que ce soit en hautes écoles, comme en écoles supérieures des arts ou en université et ce pour la simple et bonne raison que, comme vous le savez, la notion de présence ne relève pas d'une obligation décrétale dans l'enseignement supérieur.
S'il n'existe pas d'obligation au sens large, la présence en cours peut être rendue obligatoire par les enseignants et enseignantes au regard du dispositif pédagogique mis en place.
Si l'on peut estimer que l'absence à un cours magistral relève de la responsabilité personnelle des étudiantes et étudiants ; a contrario, la présence en cours s'avère primordiale dans le cas de projets, visites ou autres activités d'apprentissage. Il est donc possible pour les enseignants de rendre la présence obligatoire et de sanctionner l'absence au travers du résultat final obtenu à l'unité d'enseignement.
Je ne suis pas favorable à l'instauration d'un taux de présence « aveugle ». Je suis cependant tout à fait favorable à ce que cette obligation de présence soit mise en place par l'enseignant dans le cadre de son dispositif pédagogique, pour que cela fasse sens.
L'apprentissage dans l'enseignement supérieur, c'est également apprendre à se connaître, apprendre à prendre conscience de ses responsabilités. Aussi, il me semble utile de conserver ce modèle qui vise l'autonomisation de l'étudiant ou l'étudiante et sa responsabilisation si ses absences devaient engendrer des échecs.
Je vous remercie.
