Droit au rebond et Enseignement pour Adultes

12/05/2026

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée (MR), à Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Enseignement pour Adultes, à propos du droit au rebond et enseignement pour adultes

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Une des mesures phares prévue dans l'accord de gouvernement fédéral à la demande du MR et adoptée dans la loi-programme du 18 juillet 2025 vient d'entrer en vigueur ce 1er mars 2026, à savoir le droit au rebond.

Un travailleur peut ainsi recevoir des allocations de chômage après une démission, un droit qu'il peut exercer une fois sur sa carrière et à certaines conditions, dont celle d'avoir travaillé au moins 3 120 jours, soit environ 10 ans. S'il remplit les conditions, le travailleur peut recevoir des allocations de chômage pendant six mois maximum. Ces six mois peuvent être prolongés à douze si le travailleur commence une formation pour un métier en pénurie dans les trois premiers mois de ses allocations et réussit cette formation.

Madame la Ministre, ce droit au rebond n'offre-t-il pas de nouvelles perspectives pour l'enseignement pour adultes qui pourrait attirer les personnes désireuses de se reconvertir professionnellement parlant? Une communication ne pourrait-elle pas être réalisée pour attirer leur attention sur l'existence de l'enseignement pour adultes, encore trop méconnu du grand public?

Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Enseignement pour adultes. – Entré en vigueur le 1er mars 2026 en exécution de la loi-programme du 18 juillet 2025, le droit au rebond constitue une avancée pour les travailleurs souhaitant se réorienter professionnellement. Il permet sous certaines conditions – notamment une carrière d'au moins 3 120 jours – de bénéficier d'allocations de chômage après une démission, et ce, pour une durée de six mois pouvant être reportés à douze mois en cas d'engagement rapide dans une formation – suivie jusqu'à son terme avec succès – menant à un métier en pénurie.

Une telle mesure ouvre indéniablement de nouvelles perspectives pour l'enseignement pour adultes, qui constitue un levier privilégié de reconversion professionnelle. Par la diversité de son offre, avec plus de 200 formations certifiantes différentes et près de 3 000 unités d'enseignement, mais aussi par sa souplesse organisationnelle, avec des horaires adaptés, en soirée, le week-end, et une modularité des parcours, l'enseignement pour adultes répond bien aux besoins des personnes qui veulent rebondir vers un nouveau projet professionnel. Une telle adéquation est d'autant plus marquée que de nombreuses formations s'inscrivent dans des secteurs identifiés en pénurie, notamment dans les domaines technique, industriel ou des services aux personnes.

À ce stade, aucune augmentation significative des inscriptions n'a encore été observée à la suite de l'entrée en vigueur de la mesure. Cela confirme qu'au-delà de l'existence d'un tel dispositif, un des objectifs principaux de l'enseignement pour adultes demeure sa visibilité, sa lisibilité et sa capacité à orienter efficacement les publics concernés vers les solutions qu'il propose.

Les contacts de terrain sont importants. Vous avez à cœur de les organiser de manière régulière. De telles démarches – que je m'attache également à mener dès que mon agenda le permet – contribuent à nourrir la compréhension des réalités vécues par les acteurs et à éclairer les travaux en cours. Elles participent à une appréhension fine des problématiques liées à l'enseignement pour adultes et à son évolution. Les constats que vous contribuez à mettre en lumière trouvent un prolongement direct dans les réformes que nous portons.

C'est ainsi que s'inscrit le chantier relatif à l'identité et à la promotion de l'enseignement pour adultes dans le cadre du contrat 2035. À cet égard, la nouvelle dénomination «enseignement pour adultes», que nous avons adoptée durant cette législature, vise à renforcer la clarté et l'attractivité de ce segment d'enseignement. Elle s'accompagne du déploiement d'une stratégie de communication modernisée, fondée sur des campagnes ciblées, des outils numériques renforcés et une meilleure articulation avec les dispositifs d'orientation. Un accord-cadre vient d'être conclu pour structurer, dès 2026 et jusqu'en 2029, des campagnes annuelles de promotion à l'échelle de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Celles-ci mettront notamment en avant les formations menant à des métiers en pénurie, ainsi que des filières structurantes comme celle d'assistant en soins infirmiers.

Le droit au rebond constitue, dans ce cadre, une opportunité supplémentaire que nous entendons intégrer dans les messages adressés au public en reconversion. L'objectif est de permettre à toute personne souhaitant se réorienter, mettre à jour ses compétences ou se perfectionner, d'identifier rapidement l'enseignement pour adultes comme une voie accessible, flexible et qualifiante, inscrite dans une logique d'émancipation et de sécurisation des parcours tout au long de la vie.

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – L'enseignement pour adultes est effectivement un lieu privilégié de reconversion professionnelle, aspect qui reste trop peu connu du grand public.

L'adoption de la terminologie «enseignement pour adultes» est peut-être symbolique, mais elle indique au grand public que n'importe qui peut avoir accès à cet enseignement où le public est d'ailleurs diversifié.

Le contrat 2035 de l'enseignement pour adultes implique plusieurs chantiers très importants et de nature à répondre aux constats identifiés sur le terrain. Je continuerai d'ailleurs à vous transmettre les demandes des acteurs de terrain.

Le travail que vous avez réalisé avec l'ancien ministre-président Pierre-Yves Jeholet durant la précédente législature a permis de dresser un état des lieux de l'enseignement de promotion sociale (EPS). Je constate que votre objectif actuel est de promouvoir davantage cet enseignement essentiel qui reste méconnu.

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