Evaluation du passage automatique entre la 5e et la 6e année secondaire dans le qualifiant (PEQ)

08/06/2026

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée (MR), à Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Education, à propos de l'évaluation du passage automatique entre la cinquième et la sixième année secondaire dans l'enseignement qualifiant

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Madame la Ministre, durant la précédente législature, nous avons adopté le décret du 20 juillet 2022 relatif au parcours d'enseignement qualifiant. Il s'agit donc du fameux parcours d'enseignement qualifiant (« PEQ »).

Son article 11, § 2, prévoit: «Entre la cinquième et la sixième année, le parcours de l'élève s'organise sous la forme d'un continuum pédagogique au sein duquel l'élève a deux ans minimum pour acquérir les savoirs et compétences de la formation générale et de la formation qualifiante. En fin de cinquième année, l'élève régulier passe automatiquement en sixième année. Par dérogation à l'alinéa 1er, le pouvoir organisateur peut introduire une demande de dérogation auprès des services du Gouvernement pour permettre à l'élève de recommencer une cinquième année dans les hypothèses suivantes: 1. en cas d'échec total de l'élève: s'il n'a validé aucune unité de qualification sur l'ensemble des épreuves de qualification organisées sur la quatrième et la cinquième année et s'il n'a validé aucun savoir et compétence de la formation générale; 2. en cas d'absence motivée de longue durée.»

Sur le terrain, de nombreux enseignants me disent regretter ce passage automatique de la cinquième à la sixième année secondaire qualifiante. La semaine dernière, lors d'un salon, j'ai encore rencontré une enseignante qui disait manifester contre l'allongement du tronc commun et contre le passage automatique de la cinquième à la sixième année dans l'enseignement qualifiant où elle travaille. J'entends rire certains collègues, mais ce sont des préoccupations qui viennent des professionnels du secteur. En fait, il existe beaucoup de manifestations contre tout autre chose que le DP2. Ce sont des mesures votées précédemment, souvent issues du Pacte pour un enseignement d'excellence et pour lesquelles certains enseignants aimeraient une réévaluation et revenir en arrière, car ils les regrettent.

En l'occurrence, ils affirment qu'on ne leur fait pas confiance, car ils sont les plus à même de dire si un élève peut passer en sixième année et ils s'interrogent sur ce passage automatique prévu par le décret.

Lors de la réunion de Commission du 13 octobre 2025, vous avez relevé «un malaise dans la mise en œuvre du continuum pédagogique entre la cinquième et la sixième année qualifiante: difficulté à rattraper les retards, abandon lors de la sixième année doublée, complexité organisationnelle face à l'augmentation du nombre d'élèves et manque de moyens pour accompagner ceux qui n'ont pas acquis les compétences attendues. Le système bouscule des pratiques bien établies et nécessite une évolution notable dans la remédiation, la motivation et le suivi des élèves. Une réflexion est entamée au sein de mon cabinet».

Madame la Ministre, quelques années après son entrée en vigueur, une évaluation du PEQ est-elle prévue? Dans l'affirmative, pour quand? Le principe du passage automatique de la cinquième à la sixième année secondaire a-t-il précisément été évalué? Quelles en sont les conclusions? Une suppression de ce système est-elle à l'étude pour répondre aux demandes qui émanent de certains acteurs de l'enseignement?

Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Éducation. – Madame la Députée, suite à de nombreux retours de terrain, j'ai moi-même été alertée sur plusieurs dysfonctionnements du PEQ.

Je tiens d'ailleurs à saluer votre travail de députée, car vous êtes très présente et à l'écoute des professionnels de l'enseignement, dont vous relayez régulièrement les préoccupations auprès du Gouvernement. Ces remontées sont précieuses pour nous permettre d'agir de manière concrète.

J'ai chargé mon administration de procéder à une évaluation du décret «PEQ». Les résultats seront connus d'ici l'automne.

De manière concrète, les services du gouvernement actuel sont chargés d'aller à la rencontre des équipes pédagogiques afin de les entendre sur le déploiement du PEQ. Cette évaluation doit permettre aux équipes de s'exprimer, notamment au sujet du passage automatique entre la cinquième et la sixième année de l'enseignement qualifiant.

Par le biais de votre question, je tiens à rassurer les écoles. En effet, il ne s'agit pas d'une mission d'évaluation dans le but de sanctionner des pratiques, mais bien d'une mission de diagnostic. Quand un dispositif pédagogique est largement remis en cause – c'est le cas –, il est important d'écouter, de diagnostiquer et d'actionner les leviers nécessaires.

Cette analyse croisée des déclarations des équipes pédagogiques avec les indicateurs relevés par l'administration nous permettra d'objectiver les effets de ce décret, tant au niveau du parcours des élèves, du décrochage scolaire en cours de parcours qu'au niveau des difficultés rencontrées par les équipes pédagogiques et les directions d'école pour son implémentation sur le terrain.

Je tiens d'ailleurs à rappeler toutes mes réserves quant au mécanisme de promotion automatique. En effet, je reste persuadée, comme vous, que ce n'est pas en effaçant les notions d'effort, de travail et de réussite que nous pourrons améliorer notre système scolaire. Un passage automatique décourage l'enseignant, qui assimile ce passage automatique à de la défiance à son égard, et l'élève.

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Je vous remercie, Madame la Ministre, pour votre réponse. Une évaluation du PEQ sera menée d'ici l'automne. Je reviendrai donc en temps opportun sur cette question essentielle, car ses dispositions sont vraiment contestées sur le terrain.

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