Participation de l'Enseignement pour adultes au test PIAAC

12/05/2026

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée (MR), à Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Enseignement pour Adultes, à propos de la participation de l'enseignement pour adultes au test PIAAC (Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes)

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Madame la Ministre, le 15 décembre 2025, je vous ai interrogée sur les raisons pour lesquelles la Fédération Wallonie- Bruxelles, contrairement à la Communauté flamande, ne participait pas encore à l'enquête internationale du Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes (PIAAC). Cette enquête, organisée par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), mesure les compétences des adultes en matière de littératie, de numératie et de résolution de problèmes.

À l'époque, vous m'avez répondu que, durant la précédente législature, l'absence de participation de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait été motivée par son coût et par l'impossibilité de dégager un accord entre les différents gouvernements francophones afin d'assurer un financement conjoint. Vous avez ajouté qu'il était toutefois regrettable de se priver de données aussi précieuses pour éclairer nos politiques publiques et nourrir les recherches à forte incidence. En effet, les résultats de l'enquête du PIAAC permettraient d'orienter, sur la base de preuves scientifiques, les politiques liées au développement des compétences, à l'insertion professionnelle, à la progression de carrière, aux apprentissages tout au long de la vie et à l'inclusion sociale.

Madame la Ministre, en décembre dernier, vous avez annoncé que vous alliez mandater votre administration pour examiner les conditions et les modalités qui permettraient à la Fédération Wallonie-Bruxelles de prendre part à l'enquête du PIAAC. Avez-vous reçu une réponse à ce sujet? Dans l'affirmative, quelles seraient les modalités budgétaires et pratiques permettant à la Fédération Wallonie-Bruxelles de participer à cette enquête internationale? Quelle est l'échéance envisagée pour une telle participation?

Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Enseignement pour adultes. – Madame la Députée, vous avez raison de rappeler l'intérêt de l'enquête du PIAAC. Il s'agit en effet de la seule enquête internationale fournissant des données sur les compétences des adultes, notamment en matière de littératie et de numératie. À ce titre, c'est un outil précieux pour éclairer le pilotage des politiques d'enseignement et de formation pour adultes.

Le travail de mon administration a bien progressé. Elle a actualisé les éléments relatifs au coût de la participation à l'enquête du PIAAC. À titre indicatif, la participation à un cycle du PIAAC implique, d'une part, une contribution internationale de l'ordre de 120 000 euros par an pendant cinq ans, et, d'autre part, la mise en place d'une équipe nationale, ce qui représente un coût global d'environ quatre millions d'euros par cycle, soit environ un million d'euros par an. De tels coûts s'expliquent notamment par le mode de collecte des données. L'enquête du PIAAC est actuellement menée en présentiel, même si l'OCDE étudie la possibilité de mener une partie des évaluations en ligne à l'avenir.

Par ailleurs, l'administration a confirmé que cette enquête se situait à mi-chemin entre les compétences de l'Éducation et de l'Emploi. Dans la plupart des pays, les coûts sont d'ailleurs partagés entre ces différents niveaux de pouvoir. Cette question avait déjà constitué un point d'attention lors des précédentes discussions en Belgique francophone.

Concernant le calendrier, des contacts ont été pris avec l'OCDE. Les premières expressions d'intérêt pour un troisième cycle sont attendues à la fin de l'année 2027, avec des engagements formels entre 2028 et 2029. La collecte des données est prévue en 2032 et 2033, pour une publication des résultats en 2034. La Communauté flamande n'a pas encore pris position à ce stade.

Dans ce contexte, notre administration poursuit l'analyse du dossier pour clarifier les aspects méthodologiques, organisationnels et budgétaires d'une éventuelle participation. Le gouvernement se prononcera en temps utile sur la base de ces éléments et des précisions apportées par l'OCDE.

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Madame la Ministre, je vous remercie d'avoir poussé votre administration à mener une telle réflexion. Je ne manquerai pas de revenir sur ce sujet en temps utile.

Share