Premiers retours sur le Test CLE

05/10/2026

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée, à Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Éducation, concernant les premiers retours sur le test CLE

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Le test Calculer, lire et écrire (CLE) que nous avons instauré sous cette mandature est une évaluation externe non certificative en début de quatrième année primaire, commune à toutes les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Il s'agit d'une photographie portant sur les attendus de fin de troisième année primaire relatifs à la maîtrise des savoirs de base dans trois domaines essentiels: calculer, lire et écrire.

Son premier objectif est d'aider les équipes pédagogiques à identifier les élèves en difficulté pour leur proposer, si nécessaire, un accompagnement personnalisé, qui a été renforcé. Un deuxième objectif est d'évaluer l'efficacité de l'action éducative, de comparer les résultats de l'école à la moyenne générale et aux résultats des écoles de même catégorie d'indice socioéconomique, et d'informer l'ensemble des intervenants et intervenantes du système éducatif sur le niveau général des acquis.

La passation de ce test était prévue pour la première fois cette année scolaire, entre les 15 et 30 septembre derniers. Les corrections devaient avoir eu lieu avant le 30 septembre et la communication des résultats à l'administration avant le 2 octobre.

C'est pour cette raison, Madame la Ministre, que je reviens vers vous sur ce sujet. Il est prévu qu'après la transmission des résultats à l'administration, chaque école recevra un rapport personnalisé permettant de mettre en perspective les résultats de l'implantation et de chaque classe avec ceux des écoles de profil similaire et de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans sa globalité. De plus, l'administration mettra à disposition des équipes pédagogiques un rapport individuel présentant les résultats de chaque élève. Ce rapport est destiné à être remis à chaque parent et est conçu pour faciliter le dialogue sur l'état des acquis des élèves. En outre, il est prévu que des pistes didactiques, fondées sur la recherche en sciences de l'éducation, seront produites et mises à la disposition des équipes éducatives sur e‑classe. Ces pistes comprendront à la fois des activités à mener en groupe‑classe et des activités plus ciblées destinées aux élèves présentant des difficultés. Elles seront en lien avec des nœuds d'apprentissage et offriront des leviers concrets pour renforcer les compétences identifiées comme prioritaires.

Madame la Ministre, disposez-vous déjà de premiers retours sur la passation de ce test CLE? Quand l'administration sera-t-elle en mesure d'en communiquer les résultats globaux et de faire un retour personnalisé à chaque école, comme prévu?

Que répondez-vous à ceux qui estiment que ce test serait trop difficile pour des élèves de début de quatrième année primaire? Quelle est la composition du groupe de travail chargé de rédiger ce test? Quelles sont les balises fixées pour que ce test corresponde aux attendus des référentiels?

Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Éducation. – La première passation du test CLE vient de s'achever. Son objectif est de disposer, dès l'entrée en quatrième année primaire, d'une photographie commune des acquis des élèves en calcul, en lecture et en écriture pour identifier rapidement ce qui est acquis, ce qui doit encore être consolidé et ce qui peut être approfondi.

En effet, Madame Cortisse, il est encore trop tôt pour tirer un bilan global de cette première édition. Les résultats doivent être transmis à mon administration dans le courant du mois d'octobre et les résultats consolidés seront disponibles au début du mois de novembre. Dès lors, je veux éviter de tirer des conclusions générales à partir de quelques réactions individuelles, qu'elles soient positives ou critiques, mais des retours existent, notamment sur le niveau de difficulté de certaines questions, sur la durée de l'épreuve ou sur son organisation. Ces derniers seront analysés de manière structurée. Un questionnaire a d'ailleurs été mis à la disposition des enseignants afin qu'ils puissent faire part de leur expérience face à cette première passation.

Sur la difficulté du test, je veux rappeler un point essentiel: le test CLE porte sur les savoirs, savoir-faire et compétences en mathématiques et en français qui doivent être maîtrisés à la fin de la troisième année primaire. Ils ne mesurent donc pas les apprentissages attendus en fin de quatrième année primaire. Son contenu n'est d'ailleurs pas élaboré par mon cabinet, mais par un groupe de travail composé d'enseignants, de conseillers au soutien et à l'accompagnement ainsi que de membres de l'inspection et de l'administration secondés par une équipe de recherche universitaire.

Je veux être très claire: l'objectif n'est pas de proposer un texte artificiellement accessible et simple. L'objectif est de disposer d'un outil précis pour permettre aux enseignants d'identifier les acquis et les besoins de consolidation en fin de troisième année primaire afin de pouvoir agir par la suite. Le test CLE n'est pas une fin en soi, mais un outil au service des enseignements de quatrième année primaire et de l'ensemble de l'équipe pédagogique pour améliorer la maîtrise des apprentissages.

Les écoles disposent déjà des résultats de leurs classes dans le fichier d'encodage et recevront ensuite des éléments complémentaires leur permettant de situer leurs résultats par rapport à des écoles de profils comparables. La démarche est plutôt destinée aux équipes et est connue puisqu'elle était déjà pratiquée dans le cadre des évaluations externes non certificatives en troisième et cinquième années primaires. Elles concernent moins le suivi des apprentissages de chaque élève.

Surtout, nous avons voulu que l'identification des difficultés puisse déboucher rapidement sur des réponses concrètes. C'est la raison pour laquelle l'accompagnement personnalisé a été renforcé et flexibilisé en troisième et quatrième années primaires, avec près de 220 équivalents temps plein (ETP) supplémentaires. Il y a donc bien une réponse à partir du moment où la difficulté est identifiée.

Cette première édition doit maintenant être évaluée avec rigueur à partir des résultats consolidés, des retours des enseignants et des analyses du groupe de travail. Si des améliorations devaient être apportées pour la prochaine édition, nous le ferons, bien évidemment.

J'ai rencontré les associations de directions le 30 septembre dernier, et un point a déjà été soulevé. Les directions sont globalement très positives à l'égard du test CLE, et elles vous le diront mercredi lors des auditions. Elles attirent néanmoins l'attention sur le fait qu'il ne faut surtout pas parler d'un «mini-CEB». J'adresse ce message particulièrement à l'opposition, qui n'a eu de cesse de tenter de travestir ce que nous mettions sur pied. Il est vraiment important d'éviter tout bachotage des élèves, toute préparation et toute pression. Il faut donc vraiment éviter de présenter ce test comme un «mini-CEB». Un deuxième point a concerné l'information transmise aux parents, avec une attention particulière sur la manière de la présenter, afin de maximiser l'impact pédagogique sans enfermer un enfant dans un diagnostic ni mettre trop de pression sur les parents. Voilà les deux retours que je peux déjà vous donner à ce stade, mais les associations de directions vous donneront plus de détails lors de votre rencontre avec elles mercredi.

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Il est trop tôt pour tirer des conclusions des premiers éléments que vous avez communiqués. Nous y reviendrons donc au moment opportun. Les auditions sur les évaluations que nous menons les mercredis matin des jours de séance plénière nous permettront de disposer directement des retours de la part des opérateurs de terrain et institutionnels que vous rencontrez, notamment les associations de directions que vous entendez concerter de manière plus systématique par rapport à ce qu'il se faisait avant. Je me réjouis à cet égard de pouvoir discuter avec leurs représentants mercredi prochain.

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