Projet RÉINSERT dans l'Enseignement pour Adultes

12/05/2026

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée (MR), à Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Enseignement pour Adultes, à propos du projet RÉINSERT dans l'enseignement pour adultes

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Les responsables d'un établissement d'enseignement pour adultes m'ont récemment parlé du projet RÉINSERT, cofinancé par le Fonds social européen (FSE+). Ce projet vise à lutter contre les discriminations et les ruptures sociales ainsi qu'à favoriser l'insertion ou la réinsertion des détenus. Il s'agit de mettre à profit la période d'incarcération pour augmenter les compétences, à la fois individuelles, sociales et professionnelles, de la personne incarcérée afin d'améliorer son image de soi, de participer à son insertion sociale et de la rapprocher au marché de l'emploi.

Madame la Ministre, combien d'établissements d'enseignement pour adultes organisent-ils des formations destinées aux détenus dans le cadre du projet RÉINSERT? Dans quels établissements pénitentiaires sont-elles dispensées? À combien d'unités d'enseignement (UE) correspondent-elles? Combien de détenus en bénéficient-ils? Quelles formations sont-elles données? Une attention particulière est-elle portée aux formations menant à un métier en pénurie? À quelles conditions faut-il satisfaire pour pouvoir organiser une telle formation? Une évaluation de ce dispositif a-t-elle été réalisée? Si oui, quelles en sont les conclusions, notamment pour ce qui est de la réinsertion socioprofessionnelle des détenus?

Mme Valérie Glatigny, Ministre de l'Enseignement pour adultes. – Madame la Députée, le projet RÉINSERT, cofinancé par le FSE+, constitue aujourd'hui le cadre principal de l'offre de formation en milieu carcéral pour l'enseignement pour adultes en Fédération Wallonie-Bruxelles. Concrètement, en 2025, ce dispositif a été déployé dans un grand nombre d'établissements pénitentiaires, en partenariat avec 33 établissements d'enseignement pour adultes. Il a concerné plus de 800 participants, avec près de 1 900 inscriptions et plus de 180 sessions de formation, avec une offre adaptée aux réalités locales.

Les formations proposées couvrent trois grands types de besoins. Il s'agit d'abord de renforcer les compétences de base avec des cours d'alphabétisation, de français langue étrangère, de remise à niveau en français et en mathématiques, mais aussi des modules en langues, en informatique ou en gestion. À côté de cela, des formations qualifiantes sont organisées dans des secteurs porteurs, souvent en pénurie, comme la construction, certains métiers techniques ou encore les métiers de service, par exemple la cuisine. Des activités plus spécifiques, notamment artistiques, viennent compléter cette offre et jouent un rôle important dans la remobilisation des participants. Toutes ces formations s'inscrivent dans un accompagnement individualisé qui permet d'adapter les parcours aux besoins de chacun et, lorsque c'est possible, de préparer une poursuite de formation à la sortie de peine.

Tout cela repose sur une collaboration étroite entre les établissements d'enseignement pour adultes et les établissements pénitentiaires, dans le respect des contraintes propres au milieu carcéral. Il est important de rappeler que le suivi de la réinsertion socioprofessionnelle après la détention ne relève pas directement de l'enseignement pour adultes. En revanche, les retours de terrain permettent d'apprécier la qualité du dispositif que j'ai moi-même initié. Ils mettent en évidence des effets très concrets: les personnes détenues acquièrent des compétences utiles, se remobilisent dans un projet et retrouvent progressivement confiance en elles. Ce travail sur les compétences et sur l'estime de soi constitue une base essentielle pour envisager, à terme, une réinsertion.

Mme Stéphanie Cortisse (MR). – Madame la Ministre, je vous remercie pour vos réponses. REINSERT est un projet important, car il n'y a jamais assez de réinsertion socioprofessionnelle des détenus dans notre pays. Je suis heureuse que l'enseignement pour adultes puisse y contribuer et j'espère que cette dynamique pourra encore être amplifiée.

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